Une bande de ruban adhésif enroulée autour des roulettes avant le départ : l'astuce tourne en boucle sur les réseaux sociaux et les sites de conseils voyage. Elle a un intérêt réel, mais limité. Elle protège surtout les roues de la crasse, beaucoup moins de la casse, et ne change rien au vrai cauchemar du voyageur : une valise qui n'arrive jamais sur le tapis.
Ce risque n'a rien de théorique. Selon le dernier rapport annuel de SITA, le prestataire dont la plateforme de recherche de bagages est utilisée par 500 compagnies aériennes, 24 millions de bagages ont été mal acheminés dans le monde en 2025, soit 4,9 pour 1 000 passagers. Fabricants, compagnies et bagagistes recommandent d'autres gestes, souvent plus utiles que le scotch. En voici cinq, du plus connu au plus efficace.
1. Le ruban sur les roulettes : un bouclier contre la saleté, pas contre la casse
Le principe est simple : on colle une bande d'adhésif sur la partie de la roue qui touche le sol, sans toucher à l'axe, puis on la retire à l'arrivée avec la poussière et les gravillons accumulés. Interrogé par le quotidien The Indian Express, le consultant en voyages DK Ghatani y voit une protection temporaire contre la saleté et les petites rayures. Il prévient aussi qu'un ruban trop épais, mal tendu ou qui déborde peut déséquilibrer la valise et empêcher les roues de tourner correctement. Nous avions détaillé ses réserves sur cette astuce.
Le fabricant de bagages Travelpro, lui, ne parle pas de scotch. Il conseille d'inspecter les roues après chaque voyage pour retirer les petits cailloux, le sable ou les cheveux coincés, et d'appliquer un peu de lubrifiant à base de silicone si une roue devient dure. Face à une roulette qui accroche, la marque recommande d'ailleurs de commencer par la nettoyer, avant d'envisager de la remplacer.
2. Décoller les étiquettes de vos anciens vols
C'est le geste le plus négligé. Les petits autocollants à code-barres posés sur la valise au comptoir d'enregistrement restent souvent en place pendant des mois. Or ce sont eux que les scanners lisent tout au long du tri. Dans une vidéo publiée par l'aéroport international d'Ontario, en Californie, un employé explique qu'un ancien autocollant peut être scanné à la place du nouveau, au point que la valise ne monte pas dans le bon avion.
Le risque reste faible, mais il n'est pas nul, selon Scott Keyes, fondateur du site de bons plans aériens Going, cité par USA Today. Surtout, garder ces étiquettes n'apporte strictement rien. Un bagagiste de l'aéroport de Dublin donnait le même conseil dans un précédent article : ces autocollants peuvent semer la confusion lors de la lecture automatique. Le bon réflexe consiste donc à tout retirer en défaisant sa valise, y compris les petites étiquettes collées sur les côtés ou sous le bagage.
3. Repérer sa valise : le ruban sur la poignée divise
Noire, grise ou bleu marine : c'est la couleur de l'écrasante majorité des valises qui défilent sur les tapis. Ryanair s'en était amusée dans un conseil adressé à ses passagers, avec un chiffre de toute évidence exagéré, comme nous l'avions raconté.
Facilitez le repérage de votre bagage enregistré sur le tapis, surtout s'il est noir, bleu marine ou gris (comme celui de 99,9 % de la population). Ajoutez une étiquette ou un ruban coloré à la poignée pour éviter toute confusion à l'arrivée.
Ce conseil de la compagnie irlandaise (traduit de l'anglais) ne fait pas l'unanimité. John, bagagiste à l'aéroport de Dublin interrogé par le média RSVP Live, estime que ces rubans peuvent gêner la lecture automatique du bagage dans la salle de tri. La valise bascule alors en traitement manuel, avec le risque de ne pas être chargée à temps. Pour concilier les deux avis, le plus prudent est de choisir un signe distinctif qui ne pend pas et ne masque jamais l'étiquette de la compagnie : une sangle colorée autour de la valise, des autocollants personnels sur la coque ou une étiquette nominative bien fixée.
4 et 5. Une photo et un traceur, au cas où elle n'arriverait pas
Avant de déposer la valise au comptoir, prenez-la en photo sous plusieurs angles. En cas de dégât ou de perte, ces images prouvent son état au départ et aident le personnel à l'identifier. Il faudra agir vite : selon le portail officiel de l'Union européenne Your Europe, la réclamation doit être adressée par écrit à la compagnie dans les 7 jours pour un bagage endommagé, et dans les 21 jours suivant sa restitution s'il a été retardé.
Le dernier geste est le plus spectaculaire. Depuis fin 2024, les propriétaires d'AirTag peuvent partager temporairement la position de leur traceur avec leur compagnie aérienne, grâce à un lien valable une semaine. Le dispositif est relié à WorldTracer, la plateforme de SITA, et Air France fait partie des compagnies qui l'acceptent. D'après le rapport SITA 2026, le nombre de valises définitivement perdues a chuté de 90 % pour les bagages équipés d'un AirTag ou d'un accessoire compatible, lorsque leur position était partagée. Le délai de récupération des bagages simplement retardés a, lui, baissé de 26 %. SITA a depuis intégré la fonction équivalente de Google, Find Hub, qui concerne les traceurs compatibles Android.
Ce petit boîtier prend tout son sens lors des correspondances. Selon le même rapport, cité par Euronews, 39 % des retards de bagages surviennent au moment du transfert, lorsque la valise ne parvient pas à monter dans le second avion.
Source : Your Europe & Euronews
