Elle prête gratuitement un logement avec piscine : le matin, ce n'est pas la baignade qui attend ses bénévoles, mais le foin et le fumier

Une propriétaire loge gratuitement des bénévoles dans une maison avec piscine. En échange, ils l'aident le matin sur son terrain.

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Une chambre avec un lit double, un salon, une cuisine, une salle de bain et, juste à côté, un bassin de cinq mètres sur trois. Sur une colline située entre El Campello, San Juan Playa et Jijona, à une vingtaine de minutes d'Alicante, cette maisonnette ne se loue pas. Sa propriétaire la prête, pour une à deux semaines, à ceux qui acceptent de travailler le matin sur son terrain.

L'annonce est publiée sur Workaway, une plateforme qui met en relation des voyageurs et des hôtes ayant besoin d'un coup de main. Elle est signée Eva, qui dit diriger sur place un centre de sauvetage d'animaux à but non lucratif. Le site espagnol OKDiario l'a repérée ce 8 octobre. Dans le détail, l'offre est plus exigeante que son décor de carte postale.

Une maison au solaire, un frigo garni et le restaurant offert

Les bénévoles disposent de leur propre logement, séparé de celui de leur hôte. L'électricité et l'eau chaude y dépendent uniquement de l'énergie solaire. Eva décrit un mode de vie isolé, hors réseau, sans télévision mais avec une radio et une connexion wifi.

Hors hiver, un chalet en bois de cinq mètres sur cinq, avec canapé-lit, salle de bain et vue sur la mer, s'ajoute à l'ensemble. Les voyageurs en van peuvent aussi stationner sur place.

La nourriture fait partie de l'échange. Le réfrigérateur est garni de produits de base et, l'été, le jardin et les arbres fruitiers fournissent salades, légumes et fruits. Eva promet aussi des sorties : Jijona, connue pour son turrón, le village de Castalla, la montagne, et un repas dans un restaurant espagnol auquel elle invite ses visiteurs. Les plages d'El Campello et de San Juan sont à un quart d'heure de route.

Des matinées à désherber, repeindre et déplacer le foin

La contrepartie se joue le matin, aux côtés de la propriétaire. Au programme : peinture, désherbage, réparation de clôtures, nettoyage des enclos, ramassage de bois et de pierres, transport du foin et, une fois par semaine, évacuation du fumier. Une partie des travaux consiste à réparer les dégâts laissés par les tempêtes de l'hiver 2025-2026. En automne et en hiver s'ajoutent la taille et la plantation d'arbres.

Il ne s'agit pas, en revanche, de soigner les pensionnaires. Deux chevaux, Punkie et Aston IV, et un chien, Jack, vivent sur la propriété, mais leur alimentation et leurs soins quotidiens sont déjà organisés. Les visiteurs peuvent les approcher et les câliner, rien de plus.

L'annonce ne chiffre pas le nombre d'heures. Workaway indique que ses hôtes attendent en général quatre à cinq heures d'aide par jour, cinq jours par semaine. Eva raconte que deux bénévoles venus en juillet ont choisi de travailler de 7 heures à midi pour échapper à la chaleur.

Car le travail est physique, et elle insiste : ceux qui n'ont pas l'habitude des tâches manuelles ne sont probablement pas au bon endroit. Fin septembre, deux jeunes femmes sont reparties plus tôt que prévu.

« Nous avons sous-estimé à quel point le soleil et le travail physique seraient durs »

C'est ce qu'elles écrivent, en anglais, dans leur commentaire. Elles y attribuent tout de même à leur hôte la meilleure appréciation et saluent son accueil.

Pas d'hommes seuls, une voiture obligatoire et deux semaines au maximum

Les critères de sélection sont précis. Eva cherche au moins deux personnes habiles de leurs mains, un couple ou deux amis. Elle travaille en ligne à temps plein l'après-midi et le soir, et se présente par ailleurs comme instructrice en « thérapie photonique ». Elle veut donc des visiteurs autonomes, capables de se tenir compagnie. Elle ajoute, sans s'en expliquer, qu'elle ne peut pas accueillir d'hommes seuls.

Un véhicule personnel est indispensable : la propriété est loin de tout transport en commun et l'hôte prévient qu'elle ne peut conduire personne pendant le temps libre. Le premier séjour dure une semaine, le temps de vérifier que l'entente fonctionne, et peut être prolongé jusqu'à deux semaines. Les voyageurs venus de l'extérieur de l'Union européenne doivent gérer seuls leur visa.

Pour écrire à un hôte, il faut enfin adhérer à Workaway. Le site affiche un tarif de 69 dollars par an pour une personne et de 79 dollars pour un duo.

64 commentaires, et quelques séjours qui se sont mal passés

Le profil d'Eva porte le badge « Super Host » et totalise 64 commentaires, échangés avec ses visiteurs depuis 2020. Elle répond à 100 % des messages, en général sous un jour. La plupart des avis portent la mention « excellent » et reviennent sur les mêmes points : le frigo plein, les repas au restaurant, le calme du lieu. Un couple français, venu pour une semaine l'hiver dernier, est finalement resté 22 jours, selon elle.

Les retours ne sont pas unanimes pour autant. La note de l'hôte s'établit à 80 %. En 2025, un couple a publié un avis très critique sur le logement et l'accueil, qu'Eva conteste point par point dans sa réponse. Elle y précise que la piscine n'était pas encore ouverte au printemps et assure en avoir averti ses visiteurs. D'autres bénévoles, passés en hiver, racontent avoir vidé le bassin pour son entretien : la baignade dépend donc de la saison.

Cette formule reste un séjour de courte durée, pas une solution de logement. Pour s'installer en Espagne sans payer de loyer, il existe d'autres pistes, comme ce village de 40 habitants qui offre une maison gratuite et un CDI aux nouveaux arrivants.

Source : Workaway

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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