Ils quittent le Canada pour la côte mexicaine : une maison sur 4 000 m² de terrain, un cheval, des moutons et moins de 3 400 euros par mois pour vivre à cinq

Installée près de Puerto Vallarta depuis fin 2020, une famille canadienne vit à cinq avec un cheval et des moutons pour moins de 3 400 euros par mois.

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Dans leur jardin, il y a un cheval, un troupeau de moutons, 30 poules et quatre chiens. Pour vivre à cinq près de Puerto Vallarta, sur la côte pacifique du Mexique, cette famille partie d'Edmonton dépense moins de 3 400 euros par mois, loyer compris.

Le père a raconté cette nouvelle vie au magazine canadien Maclean's. Selon ses calculs, le même quotidien leur coûterait environ 4 700 euros par mois dans leur ancienne ville de l'Alberta.

Un aller simple en pleine pandémie

Quand la pandémie éclate, il vit à Edmonton avec sa femme, Jasmyne, et leurs deux jeunes enfants. Les aires de jeux sont fermées et les restrictions s'enchaînent. Le couple redoute de devoir un jour réserver des créneaux pour laisser les enfants jouer dehors.

Ils cherchent alors un pays qui n'a pas fermé ses frontières. Le Mexique a deux atouts : il est sur le même continent et le dollar canadien y pèse plus lourd que le peso. En décembre 2020, ils réservent des billets d'avion aller simple pour Puerto Vallarta.

Partir est facile pour eux. Les deux parents se sont rencontrés en 2012 lors d'une visite guidée en Thaïlande et ont beaucoup voyagé en Asie et au Moyen-Orient. Le père dirige aussi un service de conseil en expatriation. À Edmonton, ils n'avaient plus ni maison ni voiture et louaient un appartement au mois. D'autres familles ont fait un pari comparable, comme ces Britanniques partis s'installer en Nouvelle-Zélande avec leurs deux enfants.

Une petite ferme au bord du Pacifique

La famille loue d'abord un appartement de trois chambres à Bucerias, un village touristique surnommé « B.C.-erias » tant il attire de Canadiens de Colombie-Britannique. Le loyer est d'environ 830 euros par mois. En arrivant à Puerto Vallarta, le père passe devant un Home Depot et un Walmart et se demande s'il a vraiment quitté le Canada.

Un an plus tard, ils ont adopté trois chiens, attendent un troisième enfant et rêvent d'une petite ferme. Ils quittent leur résidence fermée pour une maison de deux chambres et 93 m², posée sur plus de 4 000 m² de terrain, pour environ 940 euros par mois. Le bébé est né depuis, et un quatrième chien, les moutons, les poules et le cheval ont suivi.

Au moment du témoignage, les enfants avaient 8, 5 et 1 an. Ils courent sur le terrain, parfois pieds nus, montent à cheval et apprennent l'espagnol avec les enfants des voisins.

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Deux semaines sur quatre dans une usine pétrolière

Pour financer cette vie, le père a changé de métier. Il travaille deux semaines sur quatre comme opérateur dans une usine pétrolière à Fort McKay, en Alberta. Son employeur verse une indemnité de déplacement qui couvre une partie de ses billets d'avion. Jasmyne, elle, a pu devenir mère presque à plein temps, ce que le couple n'aurait pas pu s'offrir au Canada.

Le budget de moins de 3 400 euros comprend le loyer, les transports, l'essence, la nourriture, les téléphones, internet et les factures. Le père y voit surtout du temps gagné avec ses enfants : le couple n'a plus besoin de travailler autant pour bien vivre.

Arnaques, vols et 40 degrés

Le tableau a ses ombres. L'inflation et la remontée du peso ont fait grimper les prix, et les restaurants coûtent désormais autant qu'au Canada. La famille raconte des artisans partis avec leur acompte, un trampoline volé et un sac à main dérobé dans un Starbucks. L'été, le thermomètre dépasse parfois les 40 degrés.

La région a connu un épisode plus grave en février 2026. Lors d'affrontements entre cartels, des ordres de confinement ont été décrétés dans les États de Jalisco et de Nayarit, où se trouve Bucerias, et des milliers de Canadiens se sont retrouvés bloqués, notamment à Puerto Vallarta. Ottawa appelait alors à éviter les voyages non essentiels vers certaines zones de ces deux États.

Au moment de son témoignage, la famille n'avait aucun projet de départ. Le père n'exclut pas de revenir un jour à Edmonton, mais assure être heureux là où il est.

Source : Maclean's & Time Out Montréal

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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