Chaque année, des millions d'anguilles se réunissent autour d'un volcan sous-marin : les scientifiques viennent de mesurer l'ampleur du phénomène

Des scientifiques ont mesuré l'afflux massif d'anguilles des profondeurs autour du mont Patience, chaque automne australe

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Au large de l’Australie, des scientifiques se sont intéressés à l’afflux d’anguilles autour du mont Patience, un volcan éteint de 2 km² au fond de l’océan.

La vie sous-marine regorge encore de beaucoup de mystères. En effet, la science estime que 80 à 90% des espèces sous-marines nous sont encore inconnues à ce jour. Et même les espèces bien connues continuent de nous surprendre à ce jour.

C’est le cas des anguilles des profondeurs (Diastobranchus capensis), qui ont fait l’objet d’une étude publiée par l'organisme scientifique australien CSIRO le mois dernier. En effet,les scientifiques se sont penchés sur un phénomène annuel qui rassemble les anguilles des profondeurs autour du mont Patience, un volcan sous-marin éteint de 2 km².

Un parc protégé depuis 2007

Le mont Patience est situé au sein du parc marin de Huon, une aire protégée créée en 2007 au sud de la Tasmanie, en Australie. Il fait partie d’un ensemble d’environ 120 reliefs sous-marins aux profondeurs et conditions similaires, mais aucun autre n’accueille un rassemblement d’anguilles des profondeurs de cette ampleur.

Les premières observations d’un tel afflux datent des années 1980, de la part de pêcheurs commerciaux dans le sud de la Tasmanie, qui ont signalé les prises inhabituelles de cet espèce de poissons à un moment régulier chaque année.

Ce n’est qu’en 2007, lorsque le site a été protégé, que les scientifiques ont s’attarder sur ce phénomène, en capturant de premières images. Cette année-là, une caméra tractée derrière un navire de recherche du CSIRO a traversé la zone du sommet Patience.

Deux ans de recherches aux abords du volcan

Dans l’obscurité totale, à plusieurs centaines de mètres sous la surface, les images ont révélé une colonne d’eau saturée de corps allongés et sinueux.

Entre 2023 et 2025, l’équipe de Scoulding a mené plusieurs campagnes de mesure aux abords du même relief. Les scientifiques ont combiné relevés au sonar et prises de vue sous-marines. Le sonar seul ne suffisait pas. Le hoplostète orange, un poisson des grands fonds, fréquente lui aussi ce sommet immergé, si bien que les deux signaux acoustiques se confondent. Seule la caméra a permis d’attribuer à chaque espèce sa part du signal.

L’étude, parue dans la revue Royal Society Open Science, a permis d’établir que la biomasse estimée atteint cinq fois celle de mars. Elle dépasse alors 3 500 tonnes, soit environ 2,8 millions d’individus concentrés en un seul point. L’essaim s’élève jusqu’à 150 m au-dessus du plancher océanique et s’étire sur plusieurs kilomètres.

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Un carrefour de courants qui favoriserait la reproduction et la ponte

Toute l’année, l’anguille-panier vit à proximité du mont Patience. Ses effectifs grimpent entre mars et mai, pendant l’automne austral, tandis que l’essaim reste détectable de décembre à août. Le biologiste du CSIRO s’attendait à un événement bref, mais sa persistance l’a surpris.

L’hypothèse privilégiée par les auteurs de l’étude tient à la proximité du plateau continental, qui influencerait les courants près du relief et guiderait ces animaux vers ce site précis.

Lors des prélèvements à proximité du mont, mâles et femelles montrent des signes avancés de maturité sexuelle. Les femelles portent des œufs développés, le ventre vide. Les anguilles cessent apparemment de manger avant la ponte. Elles deviennent presque impossibles à pêcher à l’hameçon. Sur l’ensemble des individus observés près du navire, les chercheurs n’en ont attrapé que sept.

Avant la création du parc, ce mont a longtemps subi le chalutage de fond. Depuis, les signes de régénération se multiplient. Les populations de hoplostètes orange remontent. Des coraux vivants recolonisent les zones autrefois raclées par les filets.

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Jérémy Birien

Au sujet de l'auteur :

Journaliste et expert des médias digitaux avec plus de 15 ans d'expérience, Jeremy Birien collabore avec la rédaction de Demotivateur depuis plus de 10 ans. Diplômé de l'ISFJ avec un Master en Journalisme (Bac +5), il a forgé son expertise au sein de médias leaders tels que Melty et Jellysmack. Spécialiste des nouveaux formats d’information et ambassadeur voyage, il apporte son regard acéré et sa rigueur éditoriale pour décrypter l'actualité, les tendances de société et l'évasion. Son parcours académique et sa maîtrise historique de la ligne éditoriale de Demotivateur.

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