Ils achètent une maison de 1830 aux enchères pour 460 000 dollars et découvrent des serpents de 2 mètres qui grimpent le long des murs

Tyler et Lauren Bouldin ont acheté une ferme en pierre de 1830 aux enchères, sans savoir qu'elle abritait des dizaines de serpents. Cinq ans plus tard, leur méthode a tout changé.

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Ils savaient que la maison serait un chantier. Ils ne savaient pas qu'elle serait aussi un habitat naturel pour reptiles. Fin 2020, Tyler et Lauren Bouldin remportent aux enchères une ferme en pierre construite en 1830, à Pine Grove, une bourgade d'environ 2 000 habitants au centre de la Pennsylvanie. Prix payé : 460 000 dollars. Nombre de visites avant la signature : deux. C'était la première fois que Tyler achetait un bien aux enchères, et la date de la vente avait de quoi faire sourire rétrospectivement, puisqu'elle tombait le soir d'Halloween.

Le couple connaissait l'ampleur de la tâche. La bâtisse était laissée à l'abandon depuis des années, et cela se voyait. « Le rez-de-chaussée n'avait plus de plancher, le grand escalier s'effondrait et la cuisine avait entièrement disparu », a raconté Tyler au magazine People, qui a publié leur histoire en exclusivité. Il fallait aussi tout refaire côté plomberie et électricité. Rien d'insurmontable pour deux passionnés de vieilles pierres, attirés par les arbres centenaires, le ruisseau qui traverse le terrain et la forêt protégée qui entoure la propriété.

Le premier serpent aperçu le jour même de la remise des clés

Le problème est apparu immédiatement. Le jour où ils prennent officiellement possession du terrain, Tyler lève les yeux vers l'un des immenses sycomores de la propriété et aperçoit une couleuvre obscure en train d'escalader le tronc, à la recherche d'œufs de canards branchus.

Ce n'était que le début. Des années de laisser-aller avaient transformé les lieux en garde-manger idéal : souris, lapins, grenouilles pullulaient entre la mare, les broussailles et les tas de gravats. « Cela en faisait un terrain de chasse parfait pour les couleuvres obscures, les couleuvres d'eau et les mocassins à tête cuivrée », explique Tyler.

Ce dernier détail change tout. Le mocassin à tête cuivrée, ou copperhead, est un serpent venimeux courant dans l'est des États-Unis. Ses morsures sont rarement mortelles, mais elles nécessitent une prise en charge médicale. Or à ce moment-là, le couple vit dans un petit appartement de gardien aménagé dans la grange pendant les six premiers mois de travaux, avec un tout-petit qui commence à peine à marcher, un chien, et un deuxième enfant en route.

« Nous étions extrêmement prudents dès que nous sortions, et nous le surveillions de très près, ainsi que le chien, pour qu'ils ne s'aventurent pas dans les parties les plus envahies du terrain », se souvient-il.

« J'ai naturellement une peur bleue des serpents »

Tyler ne s'en cache pas : il est terrifié. « C'était vraiment perturbant pendant la première année, le temps que je m'habitue à la vie en pleine forêt », confie-t-il à People.

Le couple documente pourtant tout sur TikTok, sous le compte @ouroldhouse, et les vidéos de serpents deviennent malgré eux leur marque de fabrique. On y voit les reptiles longer les murs extérieurs, traverser tranquillement les marches de l'entrée, se faufiler vers la toiture. Dans l'une d'elles, Tyler estime que certains spécimens atteignent près de sept pieds, soit un peu plus de deux mètres.

Au départ, les Bouldin appliquent le conseil que leur répètent des milliers de commentaires : ne rien faire. « À chaque fois qu'on poste une vidéo de serpent, les gens disent : "Oh, ne vous inquiétez pas pour les couleuvres noires, ne leur faites rien." Et c'est ce qu'on a fait », résume-t-il dans une vidéo publiée en juin 2023. La théorie est connue : les couleuvres obscures, inoffensives pour l'homme, régulent les rongeurs et sont censées tenir les espèces venimeuses à distance.

Sauf que la théorie ne tient pas longtemps. Tyler finit par découvrir des couleuvres partageant les mêmes cachettes que des mocassins à tête cuivrée, près de l'ancienne piscine, et même sous une pierre juste devant la porte d'entrée. « Cela s'est vite transformé en un sentiment que je décrirais comme de la trahison, parce qu'ils ne faisaient pas leur boulot », ironise-t-il.

La méthode qui a fini par marcher : ne pas viser les serpents, mais leur logement

C'est le tournant de l'histoire, et c'est aussi ce qui la rend intéressante pour quiconque possède un terrain envahi. Plutôt que de chercher à éliminer les reptiles, le couple décide de rendre la propriété inhabitable pour eux. Chaque chantier de rénovation devient l'occasion de supprimer une cachette.

« Nous avons passé tout notre temps libre à débarrasser la pelouse, les murets en pierre, les jardins et le sous-bois des débris, des tas de déchets et de la végétation envahissante », détaille Tyler. La liste des interventions est longue : suppression des souches, rebouchage des fissures dans les fondations, colmatage de tous les trous de la maison et de la grange qui servaient de nids à souris, restauration de la mare avec installation de filtres et de fontaines.

Le chantier le plus spectaculaire reste celui de la piscine enterrée, qualifiée par Tyler de « fosse à ciel ouvert, sans clôture, remplie d'eau noire et de serpents ». La remettre en état aurait coûté au bas mot 50 000 dollars. Le couple choisit de la détruire et de la remplacer par un potager. La vidéo du chantier a dépassé 1,3 million de vues.

Dernier détail, et non des moindres : ils ont planté de la menthe tout autour des bâtiments, une plante réputée pour son effet répulsif sur les serpents.

La suite après cette vidéo

Un attrape-serpent de deux mètres et beaucoup de sang-froid

Quand un reptile s'aventure malgré tout trop près de la maison, Tyler a mis au point une routine qu'il assume avec autodérision. « À chaque fois que je vois un de ces gros serpents, je prends ma pince télescopique de six pieds, et j'attrape héroïquement le serpent pour le mettre dans un sac ou un seau », raconte-t-il dans une vidéo de septembre 2023. « J'ai filmé ça de loin, comme ça vous ne voyez pas mes larmes. Très, très effrayant. » L'animal est ensuite relâché en pleine nature, loin de la maison.

Aucun serpent n'a été tué. « Nous ne voulons faire de mal à aucun animal sauvage, serpents compris, et je suis content qu'on ait pu assainir les lieux sans recourir à des mesures inutilement radicales », insiste Tyler.

Cinq ans plus tard, les rencontres sont devenues rares

Le bilan est net. « Chaque été, nous voyons de moins en moins de serpents, et nos efforts semblent avoir eu l'effet que nous espérions », se félicite Tyler. Il reste lucide sur le fait qu'on ne fait pas disparaître la faune sauvage d'une forêt de Pennsylvanie : « On passe rarement un mois entier sans voir un serpent quelque part sur la propriété, mais c'est une amélioration spectaculaire par rapport à une présence quasi quotidienne. »

La ferme, elle, est devenue la maison de famille que le couple imaginait. Et Tyler a un conseil pour ceux qui rêvent de reprendre une vieille bâtisse à retaper : « Vous allez rencontrer des problèmes de faune, de travaux, d'argent et de délais que vous ne pouvez absolument pas anticiper. Votre budget sera faux, votre calendrier sera faux. Mais si vous tenez bon et que vous ne vous surendettez pas, vous finirez peut-être par donner une interview à People depuis le confort de la maison de vos rêves. »

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.