La Papouasie-Nouvelle-Guinée abrite une faune pour le moins exotique, dont le pigeon-faisan à nuque noire (Otidiphaps nobilis insularis).
Malheureusement, cet oiseau endémique de l’île de Fergusson a disparu des radars en 1882. Alors que l’on croyait cette espèce disparue, il a fallu patienter 140 ans pour retrouver sa trace.
Une expédition en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour photographier un oiseau rare
Cette importante découverte remonte à 2022. Cependant, la vidéo dans laquelle les chercheurs de l’Université de Cornell tombent sur les images de l’oiseau suscite un regain d’intérêt sur les réseaux sociaux, rapporte Digital Camara World.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le volatile s’est fait longtemps désirer. Tout a commencé en 2019, lorsqu’une première expédition a été organisée sur l’île dans l’espoir d’apercevoir ce pigeon reconnaissable à son plumage coloré.
À l’époque, les scientifiques ont échoué. Néanmoins, ils ont recueilli auprès des villageois des témoignages pouvant correspondre à l’espèce. L’espoir subsistait donc de pouvoir photographier ce rarissime spécimen.
Ils ont retenté leur chance trois ans plus tard. Au total, huit chercheurs, dont Jordan Boersma, co-responsable de l'expédition et membre du Laboratoire d'ornithologie de Cornell, et Doka Nason, biologiste papou-néo-guinéen, sont retournés sur les lieux.
Un chasseur permet de l’immortaliser
Pendant un mois, l’équipe a exploré l’île de Fergusson, un lieu décrit comme accidenté et densément boisé de la province de Milne Bay.
Sur place, les spécialistes se sont tournés vers la communauté locale pour identifier les endroits où l’oiseau pourrait encore survivre. Ces précieuses informations leur ont permis d’installer des pièges photographiques dans des zones susceptibles d’abriter le pigeon.

Crédit Photo : Doka Nason/American Bird Conservancy
Par chance, Jordan Boersma et ses collègues ont croisé la route d’Augustin Gregory, un chasseur originaire du village de Duda Ununa. Celui-ci leur a alors raconté avoir aperçu un oiseau et entendu un cri semblable à celui d'autres pigeons-faisans vivant en Nouvelle-Guinée.
Le chasseur a ensuite guidé l’équipe jusqu’à un versant du Mont Kilkerran, la plus haute montagne de l'île, situé à environ 975 mètres d’altitude, au cœur de la forêt, où 12 caméras ont été posées.
Un animal déjà menacé d’extinction
Le hic ? Alors que les jours défilaient, l’oiseau évitait les pièges. Mais la patience des chercheurs a été récompensée deux jours avant la fin de l’expédition.
C’est Doka Nason qui a découvert le pigeon-faisan à nuque noire en inspectant le matériel après une ascension. En réalisant ce qu’il venait de voir, il a laissé éclater sa joie avec son collaborateur Jordan Boersma, qui se trouvait à ses côtés. Sur la vidéo, on entend les deux hommes crier à plusieurs reprises « Auwo », le nom donné à l'espèce par les communautés locales.
« Quand j'ai vu les photos, j'étais incroyablement excité », avait indiqué Doka Nason dans un communiqué.
Crédit Photo : Jordan Boersma
Jordan Boersma a confié plus tard avoir eu l’impression d'être « confronté à l'image d'une créature mythique ».
À peine redécouvert, le pigeon-faisan à nuque noire a été classé comme espèce en danger critique d’extinction. Sa population, estimée entre 50 et 249 individus, est menacée par la perte de son habitat naturel, l'exploitation forestière et l'introduction de prédateurs. Un cas qui n’est pas sans rappeler la redécouverte d’un primate venimeux en Indonésie.
Malgré tout, les informations recueillies lors de l’expédition vont permettre d’en apprendre davantage sur cet oiseau endémique et de contribuer à la mise en place d’un plan de protection à long terme.
