À seulement 11 ans, elle est sacrée « meilleure jeune inventrice des États-Unis » grâce à sa sonde qui détecte l'eau contaminée au plomb

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À 11 ans, certains enfants s'amusent à se courir après et à faire des cabanes dans les arbres... d'autres inventent des systèmes pour sauver des vies et améliorer le quotidien de l'humanité. Gitanjali Rao a inventé un système qui permet de détecter le plomb dans l'eau — de manière plus efficace, en matière de facilité d'usage et de précision, que n'importe quel système existant !

La jeune fille prodige, originaire d'une petite ville au sud de Denver, dans le Colorado, aux États-Unis, vient en effet tout juste de remporter le Discovery Education 3M Young Scientist Challenge. Elle remportera un pactole de 25 000 dollars pour son idée, ainsi que le titre de « meilleure jeune inventrice des États-Unis » !

Tout commence lorsque Gitanjali entend parler du scandale de l'eau contaminée au plomb dans la ville de Flint, au Michigan. Cette crise sanitaire remonte à 2014, lorsque l'eau de la ville a été contaminée, provoquant notamment la mort de plusieurs personnes, ainsi qu'une augmentation de 58% du nombre de bébés morts-nés. Dans certaines zones, aux États-Unis mais également dans d'autres pays du monde, il est aujourd'hui fortement recommandé de tester régulièrement l'eau du robinet afin d'éviter tout danger.

Une appli connectée à des nanotubes de carbone

« L'idée m'est venue naturellement lorsque j'ai vu mes parents tester l'eau de notre robinet pour voir s'il y avait du plomb », explique la jeune fille à Business Insider. Intriguée par la manœuvre, elle se voit alors expliquer les raisons de cette précaution. « Je me suis dit, 'non, ce n'est pas un processus viable, et il faut que je fasse quelque chose pour changer ça'». Tout simplement.

À l'heure actuelle, dans les zones à risque, il existe deux principales méthodes pour vérifier que l'eau de son robinet n'est pas toxique : la première est d'utiliser des bandelettes-test spéciales, qui bien que d'utilisation rapide et relativement bon marché, ne permettent que d'obtenir un résultat très grossier, une évaluation bien sommaire pour quelque chose qui peut avoir des conséquences aussi graves sur la santé. L'autre méthode, beaucoup plus précise, consiste à envoyer un échantillon d'eau à un laboratoire spécial pour le faire analyser... Mais cela demande du temps et de l'argent. De plus, dans un cas comme dans l'autre, il faut répéter l'opération assez régulièrement si on veut s'assurer de ne courir aucun danger.

Gitanjali Rao, elle, souhaitait mettre en place une solution automatique, plus efficace et plus intelligente, à base de nanotubes de carbone qui analysent et détectent la présence de plomb dans les tuyauteries des maisons, et qui envoient en temps réel une alerte sur une application mobile si le taux de plomb augmente . Elle a proposé son projet aux chercheurs de Discovery Education 3M, qui l'ont sélectionnée et appuyée dans ses démarches, pour l'aider à concrétiser son invention.

Son invention, développée au cours de l'été dernier, a été baptisée Tethys, du nom de la déesse grecque de l'eau. Elle espère désormais pouvoir distribuer l'objet dans tous les endroits du monde où la contamination par le plomb représente un danger.

Plus tard, Gitanjali Rao voudrait être généticienne, « ou alors épidémiologiste ». C'est la raison pour laquelle elle s'est intéressée de près au problème de la contamination par le plomb : ce sujet rassemble, selon elle, ses deux disciplines de prédilection.

« Si vous prenez une douche et que l'eau est contaminée au plomb, vous avez des éruptions cutanées et cela doit être étudié par un épidémiologiste, explique-t-elle. Et si une personne boit de l'eau avec du plomb dedans, ses enfants pourraient avoir des problèmes génétiques »

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