Vous avez tous vu cette célèbre photo. Découvrez l'histoire qui se cache derrière l'homme qui a refusé de faire le salut nazi

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Il y a parfois des gestes qui trouvent une résonance mondiale des décennies après. C’est le cas de cet homme stoïque, bras croisés, au milieu d’une foule exécutant le salut nazi. Son histoire va vous bouleverser…


Vous avez sûrement déjà tous vu cette célèbre photo. Une foule de citoyens allemands effectue comme un seul homme le salut nazi. Cependant, un seul homme justement se tient là, au milieu de l’assistance, les bras croisés… Nous sommes le 13 juin 1936 et cette foule était présente pour l’inauguration navale d’un vaisseau d’entraînement, le Horst Wessel, en présence d’Adolf Hitler.

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La guerre n’a pas encore commencé mais le Führer la prépare férocement tandis que les lois raciales, notamment antisémites, gangrènent déjà l’Allemagne. Cet homme, par son simple geste, défie l’autorité nazie mais cela passe évidemment inaperçu sur le moment. Ce n’est qu’en 1991 que la photo est publiée pour la première fois dans le journal « Die Zeit », avec le cercle inclus. Il s’appelle August Landmesser et son geste n’avait rien d’anodin. Non, il s’agissait en réalité d’un geste… d’amour.


L’histoire de l’homme qui défia le pouvoir nazi


Né en 1910, August Landmesser n’est qu’un jeune allemand parmi tant d’autres, frappé par la crise économique, dont le seul souci est de trouver un travail pour subvenir à ses besoins. Malheureusement pour le pays (et le monde), la crise économique en question permet à un parti politique, et à un homme en particulier, de se positionner en sauveur de la nation germanique. En 1931, le jeune August Landmesser rejoint le parti Nazi dans l’espoir de se trouver une situation, sans vraiment adhérer à l’idéologie.


En 1934, il rencontre Irma Eckler, une jeune femme juive. Ils tombent tous les deux follement amoureux et se marient un an plus tard. Mais cette union ne plaît pas au parti qui le radie. De plus, les lois raciales alors en vigueur invalident leur mariage. Leur première fille, Ingrid, naît en octobre 1935 tandis que deux ans plus tard, une seconde nommée Irene voit le jour. C’est alors que la petite famille tente de fuir au Danemark avant d’être appréhendés à la frontière en 1937.


Condamné pour avoir « déshonoré la race »


August est alors arrêté et accusé de « déshonorer la race ». Il argumenta alors ne pas être au courant que sa femme était complètement juive, et fut acquitté le 27 mai 1938 pour manque de preuves. Cependant, il fut interdit de revoir sa famille. Deux ans avant, il avait donc d’ores et déjà effectué son célèbre signe de protestation dans le plus grand anonymat…


Malgré l’interdiction, August décide de mener une vie normale, avec sa femme et sa fille, à leurs risques et périls... La photo ci-dessous a été prise en juin 1938 et témoigne d’un des rares moments de tranquillité que la petite famille a pu avoir, avant que la réalité ne les rattrape. Un mois plus tard, pour afficher publiquement son amour pour la mère de ses enfants, il est de nouveau arrêté et envoyé au travail forcé dans un camp de concentration pour deux ans.

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De son côté, Irma Eckler est arrêtée par la Gestapo et détenue à la prison de Fuhlsbüttel. Les deux enfants sont envoyés dans un orphelinat dans un premier temps. L’aînée, Ingrid, aura finalement l’autorisation de vivre avec ces grands-parents, tandis que la petite Irene trouve refuge chez des parents d’accueil en 1941. À la mort de sa grand-mère en 1953, Ingrid devra, comme sa petite sœur, aller chez une famille d’accueil.


Une famille déchirée par l’Allemagne nazie


Quelques lettres d’Irma Eckler indiquent que celle-ci avait atterri, en février 1942, au Centre d’Euthanasie de Bernburg où elle fut comptée parmi les 14 000 victimes. Après la guerre, ce n’est qu’en 1949 qu’elle fut prononcée légalement morte à la date du 28 avril 1942.


De son côté, August a été relâché en 1941 et s’est mis à travailler comme contremaître. Il obtient même le droit de pouvoir rendre visite à ses filles de temps en temps, avant d’être envoyé au front. En 1944, l’armée allemande n’est plus aussi imposante qu’au début de la guerre. Beaucoup de pertes font que le gouvernement décide de créer une division contenant des anciens prisonniers ou des soldats indésirables. August en fait partie, part pour la Croatie, pour ne plus y revenir… Il est présumé mort six mois avant la reddition de l’Allemagne nazie, mais son corps ne fut jamais retrouvé. Comme sa femme Irma, il fut déclaré légalement mort en 1949.

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Avec la chute du IIIème Reich, l’Allemagne retrouve un semblant d’humanité. En 1951, le Sénat d’Hambourg reconnaît le mariage d’August et d’Irma, post-mortem. L’histoire d’August est restée totalement inconnue jusqu’à la publication de la fameuse photographie en 1991. Irene reconnaît alors son père et publie un livre en 1996 sur l’histoire d’une famille « déchirée par l’Allemagne nazie ». Une histoire bouleversante…

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