Un groupe d'hommes masqués a tabassé des étudiants de la fac de droit de Montpellier qui occupaient pacifiquement un amphithéâtre

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Dans la nuit du jeudi 22 mars au vendredi 23 mars 2018, des étudiants s’étaient isolés dans un amphithéâtre de la fac de droit de Montpellier afin de protester contre la sélection à l’Université. Vers 23h30, ils ont été brutalement délogés par un commando d’hommes masqués, armés de morceaux de bois, qui s’en sont servis avec violence contre les jeunes, sans défense. Plusieurs d’entre eux ont été hospitalisés.

Attention, la vidéo qui suit comporte des images violentes.

 

La vidéo ci-dessus a été postée sur Facebook par Léna, étudiante à la fac de droit de Montpellier, présente au moment des faits, qu’elle a tenu à filmer, et à accompagner d’un témoignage qui fait froid dans le dos :

« La fac de droit de Montpellier, l'UM3, était occupée par les étudiants. On était encore une cinquantaine dedans. Des hommes, une dizaine, en noir, masqués, avec des bâtons, des bouts de palettes sont entrés. Ils n'ont pas parlé. Ils ont sorti tout le monde, en les frappant, en les matraquant au sol, en les traînant par terre. En les fracassant au sol, bordel de merde.

C'est moi qui ai filmé. Ils ont poussé tout le monde dehors, en les frappant. Le Doyen de la Fac de Droit était présent. Je l'ai vu ouvrir la porte à ces hommes. J'ai vu les portes de la fac se refermer, avec ces hommes à l'intérieur. J'ai vu le directeur d'une institution publique s'enfermer avec un groupuscule extra-violent. J'ai vu une amie au sol, en sang, avec le portail qui se referme sur ses jambes. En arrière-plan, j'ai vu l'administration qui était présente sur les lieux applaudir. Applaudir face au sang d'étudiants en lutte pour leurs droits. J'ai vu ces hommes qui voulaient casser des « gauchos », j'ai senti leurs coups sur mon corps.

Trois étudiants sont partis avec les pompiers. La police n'est pas rentrée dans la fac, elle n'en avait pas le droit sans l'accord du doyen. La police n'a pas arrêté ces hommes. Ils sont sortis par la sortie de secours, et les policiers les entouraient, comme une escorte de ministre.

Le doyen n'a pas autorisé la police à rentrer dans la faculté, pour arrêter les hommes qui ont envoyé 3 étudiants à l'hôpital. Le doyen de la fac de droit, je l'affirme parce que je l'ai vu, a montré à ces hommes, dont il n'avait pas peur, les « cibles ». Des étudiants, des jeunes comme vous. C'est ce que j'ai vu ».

Capture d'écran vidéo Facebook
La Ligue des Droits de l’Homme rapporte que des insultes à caractère raciste et homophobe auraient été prononcées par les hommes masqués, qui seraient entrés dans la fac, selon les termes de Léna, à l’aide du doyen, Philippe Pétel. Ce dernier s’en est défendu au micro de France 3 Occitanie, prétextant attendre la police, et affirmant n’avoir fait entrer personne. Il maintient que, d’après lui, « les cagoulés étaient plutôt dans le camp des occupants ». Un témoignage qui dissone par rapport aux faits, et aux occupants agressés.

Le témoignage de Léna a donné suite à une pétition réclamant la démission du doyen de la fac de droit, signée par 875 personnes à l’heure où sont écrites ces lignes. Ce groupe d’une dizaine d’hommes cagoulés et armés aurait été, aux yeux de certains étudiants, autorisé à entrer pour expulser les étudiants en grève qui occupaient la fac depuis la matinée de jeudi.


Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur, a tenu à ouvrir une enquête, alors que le groupe d’hommes masqués reste non-identifié, toujours en liberté.

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