Le député-mathématicien Cédric Villani livre ses observations sur le bon développement de l'Intelligence Artificielle, pour que la France devienne leader en la matière

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Hier soir, mercredi 28 avril 2018, Cédric Villani livrait au gouvernement son rapport sur l’Intelligence Artificielle, commandé par le Premier Ministre Édouard Philippe, et censé aider Emmanuel Macron à proposer aujourd’hui des mesures concernant l’IA. Le rapport du mathématicien émérite, récompensé de la médaille de Fields, et désormais député LREM, est pensé pour aider à mieux cerner l’IA et ses enjeux dans les années à venir, alors que la France semble en retard de ce point de vue, par rapport ses homologues asiatiques et nord-américains.

Crédit photo : Eric Le Roux 
Le rapport de Cédric Villani, faisant 240 pages et rédigé après quatre cent vingt auditions d’experts divers, préconise ainsi de centrer l’usage de l’Intelligence Artificielle sur la santé, la mobilité, l’environnement et la défense, secteurs dépendant directement de l’État.

Concernant la santé, M. Villani souhaiterait voir le développement d’ « une plate-forme d’accès et de mutualisation des données pertinentes pour la recherche et l’innovation », tandis qu’il affirme que d’un point de vue écologique, « l’IA peut contribuer à diminuer toutes nos consommations et à amplifier toutes nos actions en faveur du respect et de la restauration des écosystèmes ».

Bien sûr, le traitement des données est prioritaire, au cœur de tous les échanges aujourd’hui et du fonctionnement de l’IA en elle-même. Cédric Villani préconise une meilleure circulation, un meilleur partage, et une meilleure protection des données, dans les secteurs aussi bien publics que privés.

Point des plus intéressants, le mathématicien estime que « l’IA ne peut pas être une nouvelle machine à exclure », et souhaite donc voir davantage de femmes dans les équipes de recherche. Il n’y aurait en effet que 10 % de femmes dans les écoles d’ingénieur en informatique, ce qui pourrait entraîner par la suite un sérieux déséquilibre dans l’ensemble des éléments liés à l’IA, de sa conception à l’embauche des métiers gravitant autour de l'Intelligence Artificielle. Une « politique incitative » est encouragée, et aurait pour but de franchir la barre des 40 % d’étudiantes dans cette filière d’ici quatre ans.

Le mathématicien député veut également, de façon plus globale, tripler le nombre d’étudiants spécialisés dans l’Intelligence Artificielle dans le même laps de temps. Pour ce faire, il souhaiterait la création de plus de bourses, mais surtout le doublement des salaires en début de carrière afin de rendre ces métiers de l’IA aussi attractifs que possible. Bien sûr, « un réseau de recherche d’excellence » doit émerger en France pour en faire l’un des pays les plus efficaces en matière d’IA dans l’Europe, et dans le monde, incarné par plusieurs instituts qui collaboreraient avec de grandes entreprises spécialisées en la matière pour des échanges de technologie, et par un équipement de pointe à destination des chercheurs, dont un supercalculateur.

Le député LREM souhaite aussi une possibilité d’audits des algorithmes, et un examen des boîtes noires dans le cadre de procédures judiciaires, tout en garantissant une indépendance fondamentale.

Si le rapport de M. Villani ne fait mention d’aucun chiffre ou moyen de financement des mesures qu’il préconise, Le Monde rappelle que François Hollande s’était engagé à débloquer une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur dix ans à la suite d’un précédent rapport sur l’Intelligence Artificielle, datant de 2017.

Nous attendons désormais les mesures qui seront avancées par le président Emmanuel Macron, devant normalement découler de ce rapport.

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Source : Le Monde Pixels
Intelligence artificielle France
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