La Gironde a été largement touchée par les feux de forêt cet été. Un mégafeu s’est notamment déclenché à Saumos et a ravagé 42 000 hectares de forêt dans le département. Suite à cette catastrophe, plusieurs personnalités avaient lancé un appel aux dons pour aider la Gironde. Trois mois après ce violent incendie, un collectif de chercheurs a publié une tribune dans l’édition du journal Le Monde publiée le 1er novembre.
Les chercheurs demandent la création de la plus grande réserve naturelle d’Europe de l’Ouest, pour remplacer tous les pins qui ont été brûlés lors de l’incendie. En effet, cette zone est entièrement dévastée et pour cette raison, une pétition avait demandé l'arrêt de la chasse dans les forêts brûlées.
Une végétation hautement inflammable
Dans leur tribune, les chercheurs regrettent la plantation massive de pins à cet endroit, qui était une zone humide au XIXe siècle. En effet, cette zone a été drainée et asséchée afin de planter des millions de pins à des fins économiques, notamment pour l’exploitation du bois.
Or, cette végétation est hautement combustible et a contribué à propager le feu de forêt survenu cet été. Selon les chercheurs, ce feu est “une conséquence inéluctable de la destruction et de la transformation de la plus grande zone humide de France en une plantation artificielle extrêmement inflammable”.
Laisser la place à une forêt sauvage
Ainsi, les chercheurs aimeraient qu’à la place d’une nouvelle forêt de pins, on retrouve une véritable forêt sauvage qui fonctionnerait naturellement, avec une grande diversité d’espèces végétales et animales. Dans une autre approche de la régénération forestière, une expérience au Costa Rica a favorisé le retour des arbres grâce à de la pulpe de café.
“Une occasion unique nous est donnée avec ce mégafeu de laisser le génie naturel créer un espace en libre évolution à la hauteur de son rêve. Mobilisons ces terres dévastées pour redonner aux paysages des Landes de Gascogne une vraie place, riche et protectrice, dans ce territoire aujourd’hui abandonné à la seule productivité”, peut-on lire dans la tribune.
Une forêt primaire sur 70 000 hectares
En créant une immense forêt sur tous les hectares ravagés par les flammes, les chercheurs pourraient exaucer le souhait de Francis Hallé, un botaniste décédé en 2025 qui cherchait 70 000 hectares pour créer une forêt primaire.
“Saisissons-nous de cette dystopie de juillet comme d’une chance. Saisissons-nous de ces dizaines de milliers d’hectares calcinés comme d’un outil scientifique consacré à la réparation, à la régénération, comme d’un laboratoire de recherche inestimable pour la compréhension des stratégies d’adaptation naturelles à l’œuvre dans le cadre du dérèglement climatique”, ont écrit les chercheurs.
Un beau projet qui mérite d’être entendu.
