Los Angeles vide un lac entier pour remplir ses robinets en 1913 : un siècle plus tard, la ville a dépensé plus de 2,5 milliards de dollars pour empêcher sa poussière de s'envoler

Il y a plus de 100 ans, Los Angeles a vidé un lac entier pour alimenter les robinets des habitants. Mais cette décision a tourné au fiasco sanitaire.

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Sacrées poussières !

Vous l’ignorez peut-être, mais la ville de Los Angeles a commis il y a plus d’un siècle une terrible erreur en détournant la rivière Owens pour acheminer son eau jusqu’aux robinets de la population.

Le hic ? Depuis, le vent soulève des nuages de poussière sur l’ancien fond du lac. Résultat : les niveaux de pollution de l’air atteignent des records. Un cas qui rappelle l'histoire du fleuve Colorado.

Los Angeles vide un lac pour alimenter la ville en eau

Comme le rapporte le site World Atlas, le lac Owens est situé dans le comté d’Inyo, à l’est de la Californie, dans la vallée d’Owens, au pied de la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada.

Tout commence au début des années 1900, à une époque où Los Angeles doit répondre à une forte croissance démographique. Problème : elle manque d’eau pour alimenter ses habitants.

Pour pallier ce problème, la cité des anges achète des terres et des droits sur l’eau dans la vallée d’Owens, à environ 300 km de là.

En 1908, les travaux d’un aqueduc commencent afin d’acheminer l’eau de la rivière Owens jusqu’à Los Angeles, au grand dam des agriculteurs de la vallée, qui craignent de manquer de cette ressource.

L’aqueduc de Los Angeles est inauguré le 5 novembre 1913. Environ 30 000 personnes se sont réunies pour assister à cet événement historique.

Le lac asséché devient une immense source de poussière

Le projet tourne au vinaigre lorsque le détournement de l’eau de la rivière Owens entraîne l’assèchement du lac du même nom. En 1926, celui-ci est devenu un vaste désert de sel.

Depuis, la situation empire à la vitesse de l’éclair. À partir des années 1930, le fond du lac desséché se transforme en une importante source de poussières. Les vents violents ne font qu’aggraver la situation.

Le lac Owens en Californie Crédit Photo : iStock

Ces bourrasques soulèvent les particules et les dispersent dans les environs. Elles s’avèrent dangereuses, puisqu’elles contiennent de l'arsenic, du cadmium et du nickel, ainsi que du sodium, du chlore, du soufre et d'autres éléments concentrés par des millénaires d’évaporation.

Selon World Atlas, cette poussière s'infiltre dans la moindre fissure des maisons et pousse les habitants de Keeler à déserter les lieux en raison de cette pollution.

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2,33 milliards d’euros pour lutter contre la pollution

Au fil des ans, les autorités tentent de freiner cette catastrophe. Des systèmes d’arrosage destinés à limiter les émissions de poussière sont installés en 1990, mais les résultats ne sont pas à la hauteur.

En 1998, Los Angeles intervient pour prendre le relais après des années de bataille judiciaire autour de la question de savoir qui devait financer et mettre en place des mesures antipollution.

Un accord est conclu et la ville s’engage à installer des systèmes d’arrosage, à planter de la végétation et à recouvrir certaines zones avec du gravier. Les premiers travaux débutent en 2000.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela devient urgent. Et pour cause : le fond du lac est devenu la plus grande source de particules des États-Unis.

Par ailleurs, pendant les tempêtes de poussière, la pollution a atteint 25 fois le seuil autorisé par les normes nationales.

Depuis 2019, la lutte contre les poussières a coûté plus de 1,88 milliard d’euros et la facture a atteint 2,33 milliards d’euros en 2024. Une chose est sûre : ce bras de fer contre la pollution a porté ses fruits. Les émissions de poussières ont en effet diminué de 99,4 %. Au large de Los Angeles, une autre pollution ancienne a laissé des traces, avec des milliers de barils de déchets retrouvés au fond du Pacifique.

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Jenna Barabinot

Au sujet de l'auteur :

Formée à l’EFJ, école de journalisme, Jenna Barabinot publie pour Demotivateur depuis 2020. Rédactrice généraliste, elle traite l’actualité, les faits de société et les histoires de vie. Ses articles abordent également les animaux, le cinéma et les séries.

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