En fouillant le fond du Pacifique au large de Los Angeles, deux robots tombent sur au moins 27 000 barils, certains entourés d'étranges halos blancs

Il y a cinq ans, une expédition sous-marine a mis au jour une immense décharge au large des côtes de la Californie. De nouvelles découvertes viennent révéler l’ampleur de cette pollution.

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Il ne manquait plus que ça !

En 2021, une décharge sous-marine gargantuesque a été découverte lors d’une expédition sous-marine au large des côtes californiennes, plus précisément entre Los Angeles et l’île Santa Catalina.

Fait surprenant : ces déchets étaient entourés d’étranges halos blancs. Des années plus tard, une étude a révélé que cette pollution était bien plus étendue qu’on ne le pensait, rapporte Science Daily.

27 000 barils découverts dans les fonds marins en Californie

Tout a commencé en 2011, lorsque David Valentine, un chercheur américain de l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB), a repéré une soixantaine de barils immergés dans cette zone polluée par les produits chimiques.

Dix ans plus tard, en 2021, une équipe de la Scripps Institution of Oceanography est retournée à cet endroit pour en savoir davantage. À l’aide de deux robots sous-marins, les scientifiques ont pu cartographier les fonds marins.

Un baril entouré d'un halo lumineux Crédit Photo : Schmidt Ocean Institute

Ils ont alors réalisé qu’une immense décharge s’étendait sous l’eau sur près de 146 km². Au moins 27 000 barils suspects ont ainsi été recensés.

Cette catastrophe écologique n’est pas sans rappeler le célèbre vortex de déchets plastiques du Pacifique Nord.

Une zone polluée au DDT

Comme si cela ne suffisait pas, ces barils gisaient sur un site déjà fortement pollué. Et pour cause : entre 1947 et 1961, l’entreprise Montrose Chemical Corporation a déversé dans l’océan Pacifique des résidus issus de la fabrication du DDT, un puissant insecticide.

Si ce produit toxique a été interdit aux États-Unis en 1972, en raison de ses conséquences sur l’environnement, celui-ci avait déjà contaminé les fonds marins.

Au cours de l’expédition menée en 2021, plus de 100 000 débris ont été retrouvés. Fait inquiétant, ils étaient présents dans presque tous les secteurs de la zone cartographiée.

Sans réelle surprise, cette accumulation de déchets n’est pas sans risque pour les écosystèmes marins. D’autant plus qu’une étude datant de 2024 a fait d’inquiétantes révélations.

Un baril entouré d'un halo lumineux Crédit Photo : Schmidt Ocean Institute

La suite après cette vidéo

Une nouvelle étude révèle l’étendue des dégâts

Il y a deux ans, une étude menée par une équipe de l’UCSB et de l’USC, université de Californie du Sud, publiée dans la revue Environmental Science & Technology, explique que la pollution au DDT était plus étendue que prévu.

Dans les grandes lignes, des traces liées à cet insecticide étaient présentes sur une superficie d’environ 814 km² dans les fonds marins.

Ce n’est pas tout. Les chercheurs estiment qu’entre 30 et 36 tonnes de DDT et de substances issues de sa dégradation étaient encore présentes dans les sédiments, comme le sable ou la vase.

Un baril entouré d'un halo lumineux Crédit Photo : Schmidt Ocean Institute

Si l’origine exacte des barils retrouvés à proximité reste encore inconnue, on sait désormais à quoi correspondent les halos fantomatiques, qui entourent près d’un tiers des contenants observés visuellement, grâce à une étude réalisée en 2025.

Selon les chercheurs, qui ont dirigé les travaux, ces tonneaux ont libéré des substances chimiques alcalines, et pas du DDT comme on aurait pu le penser.

Ces rejets ont ainsi modifié la composition des fonds marins, ce qui a entraîné l’apparition des halos blancs. Malheureusement, extraire les barils ne suffirait pas à se débarrasser de la pollution, puisque les substances toxiques s’accumulent dans les sédiments depuis des années. Sur la Côte d’Azur, des pneus immergés devenus polluants ont eux aussi nécessité des opérations de retrait.

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Jenna Barabinot

Au sujet de l'auteur :

Formée à l’EFJ, école de journalisme, Jenna Barabinot publie pour Demotivateur depuis 2020. Rédactrice généraliste, elle traite l’actualité, les faits de société et les histoires de vie. Ses articles abordent également les animaux, le cinéma et les séries.

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