Il quitte la banque à 58 ans et s'achète un camping-car : 10 ans plus tard, il a visité près de la moitié des plus beaux villages d'Espagne

Préretraité à 58 ans, un ancien employé de banque galicien a visité plus de 60 des plus beaux villages d'Espagne en camping-car en dix ans.

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En 2016, Juan Carlos Roca a quitté son poste à la banque. À 58 ans, ce Galicien partait en préretraite, et l'un de ses tout premiers achats a été un camping-car. Dix ans plus tard, il compte plus de 60 étapes dans le réseau des « Plus beaux villages d'Espagne », soit près de la moitié des communes qui portent aujourd'hui ce label.

Né à Vilalba et installé à Oleiros, tout près de La Corogne, l'ancien employé de banque a raconté cette décennie sur les routes au quotidien régional La Voz de Galicia, en mai 2026. Son témoignage a ensuite largement circulé en France pendant l'été. Ce qu'il retient d'abord de cette nouvelle vie ? Le temps libre, tout simplement. Les inconvénients, en revanche, il peine à en trouver.

Près de la moitié des « plus beaux villages » d'Espagne

Pour choisir ses destinations, Juan Carlos ne laisse rien au hasard. Sur son téléphone, l'application de l'association Los Pueblos más Bonitos de España lui sert à la fois de carnet de route et de liste d'envies : il y coche les villages déjà visités et repère les prochains.

Ce label n'a rien d'un simple classement touristique. Créée en 2010 et présentée officiellement en 2013 avec seulement 14 communes, l'association fait partie de la même fédération internationale que les Plus Beaux Villages de France. Pour y entrer, un village doit réussir un audit fondé sur une charte de qualité de plus de 40 critères : patrimoine, urbanisme, propreté, conservation des façades ou encore vie culturelle.

Le réseau s'agrandit lentement. En 2026, seules quatre nouvelles communes ont été admises, dont deux galiciennes, Oseira et Vilanova dos Infantes, dans la province d'Ourense. La liste atteint ainsi environ 125 villages. Avec plus de 60 visites au compteur, l'ancien banquier en a donc déjà parcouru près de la moitié.

Pour lui, chaque escapade se savoure en réalité trois fois, explique-t-il : d'abord en la préparant, ensuite sur la route, et enfin en regardant les photos une fois rentré.

La règle des quinze jours

Cette liberté connaît pourtant une limite, fixée par son épouse : pas de voyage de plus de quinze jours. Juan Carlos s'y tient la plupart du temps, mais pas toujours. Il lui est déjà arrivé de partir seul au Portugal avec son vélo et son chien, sans date de retour. C'est finalement une violente tempête qui l'a poussé à rentrer.

Le camping-car lui sert aussi à assouvir une autre passion : le Deportivo La Corogne. Il suit le club galicien lors de ses matchs à l'extérieur, à Gijón ou à Burgos par exemple, et part plusieurs jours avant la rencontre pour s'arrêter où bon lui semble, sans billet d'avion ni horaire à respecter. Ces déplacements sont aussi l'occasion de rendre visite à sa fille, installée à Madrid.

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Un agenda plus rempli qu'au bureau

Entre deux voyages, le préretraité ne reste pas inactif pour autant. Ses journées s'organisent d'abord autour de Suso, son chien, avec de longues promenades, et du sport pratiqué à la maison plutôt qu'en salle. Il a fait sept ans de théâtre amateur avant de rejoindre les Cantareiros do Naval, un groupe qui interprète des chants de taverne.

Résultat : à 68 ans, Juan Carlos trouve que les semaines passent trop vite pour tout caser. Il ne se sent pas diminué, simplement plus pressé par le temps, qui file selon lui de plus en plus vite avec l'âge. Et s'il lui arrive de s'ennuyer, il assure que c'est toujours par choix.

Il n'est pas le seul retraité à avoir fait du camping-car le centre de sa nouvelle vie. En France, Alain Marty, ancien routier, vit ainsi dans son camping-car depuis 19 ans, tandis qu'en Espagne, Ana et Fernando ont choisi de rénover eux-mêmes un camping-car d'occasion pour y passer leurs vieux jours.

Chez Juan Carlos, le camping-car reste toutefois un moyen de voyager plutôt qu'un domicile : il vit toujours à Oleiros. Et son prochain grand départ ne se fera pas sur la route, puisqu'il prépare un voyage en Chine avec sa famille. Une seule option a définitivement disparu de son programme : retourner travailler.

Source : Los Pueblos más Bonitos de España

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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