Dans le monde du travail, il n’est pas toujours facile de poser sa démission, et c’est encore plus le cas au Japon. La culture du travail japonaise est très stricte. Demander à quitter le travail à l’heure ou prendre des congés peut être mal vu, et démissionner l’est encore plus.
Généralement, les salariés japonais restent fidèles à leur employeur pendant des décennies, voire toute leur vie. Pourtant, le Japon est marqué par la culture du surmenage puisque les employés font des horaires exténuants, qui les poussent parfois à dormir dans la rue, subissent une grosse pression de la part de leurs employeurs et ont une soumission absolue à leur entreprise. L’épuisement professionnel a aussi poussé une jeune avocate à démissionner pour retourner vivre chez ses parents.
Une culture du travail très stricte
Dans ce contexte, démissionner peut être très mal vu au Japon, voire impossible. Il n’est pas rare que certains employeurs harcèlent leurs salariés qui souhaitent quitter l’entreprise et déchirent leur lettre sous leurs yeux.
Heureusement, il existe une solution pour les Japonais, comme l’entreprise Momuri, qui est spécialisée dans l’aide à la démission. L’entreprise, dont le nom signifie “Je n’en peux plus” en japonais, permet aux employés timides ou harcelés de démissionner sans avoir à affronter leur patron.
Aider les Japonais à démissionner
Dans l’année précédant le reportage de CNN d’août 2024, l’agence avait reçu 11 000 demandes de renseignements de la part de ses clients. Ces derniers doivent payer 22 000 yens, soit environ 125 euros, pour que l’agence les aide à présenter leur démission, négocie avec les entreprises et leur fournisse des recommandations d’avocats en cas de litige.
“Certaines personnes viennent nous voir après que leur lettre de démission a été déchirée trois fois et que leurs employeurs refusent de les laisser démissionner même lorsqu’elles se mettent à genoux pour s’incliner. Il nous arrive de recevoir des appels de personnes en pleurs qui nous demandent si elles peuvent démissionner pour telle ou telle raison. Nous leur répondons que c’est tout à fait normal et que démissionner est un droit du travail”, a expliqué l’agence à CNN.
Une amélioration des conditions de travail ?
Au Japon, la popularité de ce type d’agence a augmenté ces dernières années, notamment avec l’arrivée du covid et du télétravail. La situation pourrait s’améliorer à l’avenir car on pourrait voir une évolution des conditions de travail et de la culture du travail auprès des jeunes.
Comme le Japon fait face à une pénurie de main-d’œuvre à cause de sa population vieillissante, les jeunes ont plus leur mot à dire dans les entreprises, ce qui pourrait faire changer les choses.
