Une initiative qui pourrait bien faire bouger les choses !
Direction Londres, où une mère a associé l’amour de son fils autiste, âgé de 14 ans, pour la pizza à un objectif plus large : aider les personnes avec ce trouble à développer des compétences professionnelles et à accéder à un emploi rémunéré.
Aparna Bangur, stratège en marketing dans la capitale britannique, a en effet lancé en avril dernier une entreprise de pizzas baptisée Pizza Party. Elle souhaite ainsi former et employer du personnel atteint d’autisme, rapporte MyLondon.
La pizza, un aliment inclusif
Âgée de 42 ans, la Londonienne explique que son fils Aaray, qui est né avec un trouble du spectre autistique, a été une source d’inspiration majeure pour son projet.
Par le passé, elle s’est souvent demandée comment il pourrait gagner sa vie un jour. Elle a alors eu l’idée d’utiliser la pizza, un plat qu’elle trouve adapté pour lui apprendre des compétences pratiques dans le monde du travail.
« La pizza est quelque chose d’assez rythmé et ritualisé, que ce soit dans sa préparation ou dans la façon de la manger », raconte-t-elle.
Crédit Photo : Pizza Party / Instagram
Avant d’ajouter :
« Cela fonctionne donc très bien avec les personnes autistes, car on peut créer des postes clairement définis et c’est très facile à apprendre ».
La Britannique souligne que cet aliment apporte aussi beaucoup de joie dans sa famille et rassemble tout le monde.
« Je pense donc que, par nature, c’est un produit très inclusif. Cela semblait simplement être le bon choix », confie-t-elle à propos de Pizza Party.
Trois personnes autistes vont être formées dans sa pizzeria
Une chose est sûre : la quadragénaire est un vrai couteau suisse. Elle gère Pizza Party le soir, tout en travaillant à temps plein pendant la journée.
La mère de famille a financé elle-même son projet et exerce depuis une dark kitchen, une cuisine professionnelle équipée uniquement pour préparer des commandes destinées à la livraison.
Selon Aparna Bangur, cette décision lui a permis de lancer la pizzeria plus rapidement et à moindre coût. Le hic ? Tout n’a pas été simple à mettre en place.
« Cela été un peu compliqué en termes de ventes, donc nous dépendons beaucoup de plateformes de livraison comme Deliveroo et Uber Eats », reconnaît-elle.
Crédit Photo : Pizza Party / Instagram
Au lieu de créer une association caritative, elle a choisi de faire de Pizza Party une community interest company, une forme d’entreprise britannique destinée à servir la communauté.
Au menu, on trouve des pizzas à prix abordables, allant de 10 à 16,60 euros. Aparna Bangur s’apprête à accueillir trois personnes autistes en formation jusqu’a juillet 2027.
Elle espère ensuite pouvoir leur proposer des emplois à temps plein et installer Pizza Party dans un local permanent.
« Il faut aller plus loin »
Aujourd’hui, elle estime que les employeurs doivent revoir leur manière de recruter et d’accompagner les personnes autistes.
Selon elle, les méthodes de recrutement traditionnelles accordent parfois trop d’importance à des éléments comme la qualité d’une lettre de motivation, l’assurance lors d’un entretien ou encore la facilité à s’exprimer à l’oral.
D’après la principale intéressée, ces compétences ne reflètent pas toujours la capacité d’un candidat à effectuer un travail.
« Il faut aller plus loin, il faut accorder davantage de temps et mettre en place plus d’aménagements sur le lieu de travail pour créer des opportunités d’emploi », poursuit-elle.
Crédit Photo : Pizza Party / Instagram
Pour Aparna Bangur, le principal indicateur de réussite sera de voir son propre fils « développer l’autonomie qu’elle espère que Pizza Party pourra favoriser chez d’autres personnes ».
Elle ajoute qu’élever un enfant autiste rime avec « montagnes russes émotionnelles » et « virages et rebondissements imprévisibles ».
« Il y a des moments où l’on se sent euphorique, et d’autres où l’on ressent une boule au ventre. C’est aussi une véritable épreuve de résilience », conclut-elle.
