Il quitte sa maison de cinq chambres pour vivre dans une tiny house de 17,5 m² : ce n'est pas le froid de l'hiver qui a failli le faire fuir

James Campbell a quitté une maison de cinq chambres pour une tiny house de 17,5 m² en Angleterre. Il raconte aussi les rats, le gaz et les hivers difficiles.

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Sept mètres de long, 2,5 mètres de large : 17,5 m² au sol, moins qu'un garage. C'est dans cette maison que vit James Campbell, auteur britannique de livres pour enfants et humoriste, installé dans le Suffolk, à l'est de l'Angleterre. Il l'a payée 60 000 livres, soit environ 70 000 euros, et y a prévu la place pour ses deux enfants. Avant elle, il possédait une maison de cinq chambres et plusieurs voitures.

Son histoire a été racontée par le quotidien The Telegraph en janvier 2025 et circule de nouveau ces jours-ci. Elle a une qualité rare parmi les récits de mini-maisons : James ne cache ni les rats, ni les hivers difficiles, ni ce qu'il appelle lui-même le secret honteux de la vie hors réseau.

D'une maison de cinq chambres à une caravane

Tout part d'un divorce. James décide alors que chacun de ses choix devra désormais peser le moins possible sur la planète. Il devient végane, arrête de prendre l'avion, passe à la voiture électrique et n'achète plus que d'occasion.

Il rencontre ensuite un couple qui possède une ferme et un champ de trois acres, environ 1,2 hectare, inutilisé depuis quarante ans. Il s'y installe dans une caravane équipée d'un poêle à bois et de panneaux solaires, après s'être séparé de 90 % de ses affaires. Lui qui a toujours aimé les vacances en caravane y voit une liberté : n'emporter que le nécessaire.

La caravane finit pourtant par être trop étroite. Vers 2022, d'après la chronologie donnée par le journal, il la remplace par une tiny house posée sur le même terrain. Le Telegraph s'en amuse : peu de gens déménagent « en plus grand » dans un logement plus petit qu'un garage.

Deux chambres, triple vitrage et la meilleure note énergétique

Tiny house vue de dehors

La maison repose sur une ossature métallique et s'élève sur un étage et demi. Sous le toit, deux chambres en mezzanine. Les murs épais sont habillés de mélèze, les fenêtres et les portes sont en triple vitrage, et les gouttières envoient l'eau de pluie vers une cuve filtrée. Résultat : le logement obtient la note A au certificat de performance énergétique britannique, l'équivalent du DPE français.

À l'intérieur, une cuisinière à gaz, un four, un réfrigérateur, un lave-linge, une douche et des toilettes sèches, dont le compost nourrit les arbres fruitiers du jardin. Des panneaux solaires, un onduleur et des batteries fournissent l'essentiel de l'électricité.

Au moment de l'interview, son fils avait 18 ans et sa fille allait en avoir 9. James juge la maison à la bonne taille pour eux trois, tout en reconnaissant qu'on y est parfois à l'étroit. À titre de comparaison, le journal fixe la limite haute d'une tiny house à 37 m² et rappelle qu'un logement anglais en mesure 94 en moyenne. Une autre famille a fait le choix inverse : après sa séparation, cette Australienne a construit une tiny house XXL pour elle et ses deux enfants.

175 euros de gaz par an et des douches à la piscine

Interieur Tiny House

Côté dépenses, le compte est vite fait. Deux bouteilles de propane par an, pour 150 livres, soit environ 175 euros. En dehors de l'entretien, c'est le seul coût de fonctionnement de la maison. Mais ce gaz, James ne s'en vante pas (propos traduits de l'anglais) :

Le gaz est le secret honteux de la vie hors réseau.

L'hiver, explique-t-il, le soleil ne suffit pas à chauffer la maison. Il ne suffit pas toujours non plus pour l'eau chaude : l'hiver précédant l'interview, qu'il qualifie de cauchemar, il manquait souvent d'électricité pour chauffer l'eau de la douche et faire tourner la pompe en même temps.

Alors il s'adapte. Quand il fait froid et sombre, il part travailler à la bibliothèque. Il va nager au centre de loisirs, surtout pour profiter de la douche chaude. Et lorsqu'il dort à l'hôtel, une ou deux nuits par semaine pour ses interventions dans les écoles et son spectacle, il emporte ses chargeurs.

Des rats dans les câbles et des abeilles en feu

Le plus dur n'a pas été le froid. James a acheté sa maison prête à vivre au lieu de la construire, et il le regrette : il traite ses vendeurs de « cow-boys ». Des trous avaient été laissés sous le plancher. Des rats s'y sont engouffrés et se sont mis à ronger l'installation électrique. Il n'en dormait plus, au point d'avoir envie de mettre le feu à la maison et de s'enfuir.

Le feu a failli prendre pour de bon. Des abeilles avaient fait leur nid dans un autre trou du mur, autour d'un fil électrique mal fixé. Un jour, il entend un claquement sec, voit de la fumée sortir de la cloison, puis deux abeilles en flammes tomber au sol. Quelqu'un aurait pu mourir, dit-il.

Dans un témoignage relayé en mars 2024 par le magazine britannique New Escapologist, il détaille le litige : une maison clé en main annoncée à 65 000 livres, un toit en pente commandé pour orienter les panneaux vers le soleil d'hiver, et un toit presque plat à la livraison. Le fabricant aurait refusé de reprendre la maison et de le rembourser. Son avocat l'aurait dissuadé d'aller en justice, l'entreprise étant trop endettée pour payer. D'autres évitent ce piège en faisant tout eux-mêmes, comme ce jeune Britannique qui a bâti la sienne sur une vieille remorque agricole pour 6 500 euros.

James assure pourtant ne rien regretter. Il a planté 200 arbres et cultive fruits et légumes dans un jardin-forêt, où viennent les élèves d'une école spécialisée voisine. Un couple de faucons crécerelles niche chez lui, et des chouettes effraies tournent au-dessus de sa tête à l'aube et au crépuscule. Célibataire, il admet seulement que les rats, les abeilles et les toilettes sèches ne font pas rêver tout le monde.

Source : The Telegraph, via Yahoo & New Escapologist

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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