David contre Goliath.
Aujourd’hui, nous vous racontons l’histoire d’Edith Macefield, une Américaine qui n’a pas hésité à tenir tête à des promoteurs qui voulaient raser sa maison pour y bâtir un centre commercial.
Cette dernière a ensuite légué sa propriété à une personne étonnante : le chef de ce chantier XXL.
Elle refuse un million de dollars pour vendre sa maison
Nous sommes en 2006, dans le quartier de Ballard, à Seattle. Edith, une habitante de 84 ans, est un visage bien connu du coin. Et pour cause : elle vit dans une petite ferme depuis 1966.
Propriétaire de la bâtisse, l’octogénaire l’avait achetée pour sa mère en 1952, rapporte KIRO 7.
En 2006, la vieille dame est approchée par un promoteur immobilier. Celui-ci lui indique qu’il souhaite construire Ballard Blocks, un immense complexe commercial à proximité de chez elle.
Pour mener son entreprise à bien, il explique devoir racheter sa maison et son terrain et propose à Edith la somme d’un million de dollars (environ 890 000 euros) et la construction d'une maison neuve adaptée aux personnes à mobilité réduite dans un autre quartier.
Ce n’est pas tout. Elle n’aurait pas à débourser un seul centime pour ses frais de santé. Une offre que la propriétaire décline. La raison ? Elle refuse de quitter la ferme centenaire où elle a vieilli.
« Je ne veux pas déménager. Je n'ai pas besoin de cet argent (…) J’ai 84 ans. Je suis parfaitement heureuse ici », avait-elle confié à l’époque.
Un complexe commercial est construit autour de sa ferme
Malgré son refus, les travaux de construction démarrent dans la foulée. Soutenue par ses amis et des commerçants locaux, Edith voit les terrains environnants se transformer.
Sa ferme se retrouve alors encerclée par un immense bâtiment en béton. Devenue un symbole de résistance, la maisonnette détonne parmi ce nouveau paysage urbain. En Chine, un autre propriétaire a refusé de vendre avant de voir une route construite autour de sa maison.
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Malheureusement, Edith décède chez elle en 2008, à l’âge de 86 ans, des suites d’un cancer du pancréas. Sans héritiers ni descendants, elle avait choisi de léguer sa maison à Barry Martin.
Ce dernier n’est autre que le chef de chantier avec lequel elle avait tissé des liens étroits tout au long des travaux.
Bien plus qu’un ami, le contremaître était devenu pour elle un véritable aidant. Il lui rendait visite et l’accompagnait partout. Lorsque Edith est tombée malade, il a tout fait pour l’aider.
Une histoire qui a inspiré le film d’animation Pixar Là-haut ?
En 2009, Barry Martin a vendu la maison pour 310 000 dollars (environ 276 370 euros) à Reach Returns, une société immobilière qui s’était engagée à ne pas la démolir. Cette dernière avait un tout autre projet : surélever la propriété afin d’aménager des plantations et des jeux d’eau en dessous.
Mais ce plan est tombé à l’eau et la maisonnette a été saisie à la suite d’un emprunt non remboursé.
Ces dernières années, la ferme a connu son lot de rebondissements. Elle a été rachetée par une mère et sa fille qui souhaitaient y ouvrir un café et une boutique de tartes, avant que le projet ne soit abandonné. La maison a même failli être démolie.

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En 2015, elle a été achetée par Regency Centers, propriétaire du complexe commercial voisin, avec l’idée de la rénover pour en faire un commerce. Au moment où nous écrivons ces lignes, les travaux n’ont pas encore débuté.
Selon une croyance populaire, l’histoire d’Edith Macefield aurait inspiré le film d’animation Pixar Là-haut, sorti en 2009, dans lequel un vieil homme refuse de vendre sa demeure. Si le scénario du dessin animé était déjà dans les tuyaux dès 2004, Disney a accroché des ballons à la maison pour promouvoir le film.
Une belle anecdote, qui rappelle celle de cette famille têtue qui refuse de vendre sa maison depuis des années, alors qu'elle vaut désormais 33 millions d’euros.
