Depuis la mi-septembre 2026, des mobilisations lycéennes se déroulent en France. À travers leurs revendications, ces lycéens réclament, entre autres, de meilleures conditions d’étude, un emploi du temps moins chargé et la suppression ou la réforme de la plateforme Parcoursup.
Si certaines manifestations se sont déroulées sans trop d’accrocs, d’autres ont été marquées par des scènes de violence, notamment des affrontements entre les élèves et les forces de l’ordre.
Une séquence d’un blocus lycéen a notamment fait beaucoup parler en ligne. Sur ces images tournées le 2 octobre à Reims (Marne), on peut voir un individu au visage partiellement masqué lancer un projectile en direction de lycéens hors champ, rapporte France 3 Grand Est.
Un policier filmé en train de lancer un projectile sur des lycéens ?
Après son geste, l’homme avait été interpellé par le député européen Anthony Smith (LFI). Accompagné de deux hommes adultes, l’auteur des faits s’était rapidement éloigné après avoir réalisé qu’il était filmé.
Violence policière en direct contre des lycéens aujourd’hui à Reims. Honte à ces violences et provocations policières. Soyons nombreuses et nombreux le #6octobre pour protéger les #Lycéens https://t.co/hO0kgscq2t
— Anthony Smith ✊ 🌺 (@smith51_a) October 2, 2026
Diffusée sur les réseaux sociaux, la scène est devenue virale et a suscité des réactions de la part de plusieurs députés insoumis, dont Aymeric Caron, qui s’interrogeait sur la présence d’un « flic infiltré » parmi les lycéens.
Dans la foulée, l’élu s’était adressé sur X au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
« Cette séquence semble montrer un homme appartenant aux forces de l’ordre habillé en civil qui jette un projectile pour provoquer les lycéens. Vous nous devez une explication », avait-il écrit.
L’individu fait bien partie des forces de l’ordre
Deux jours après les faits, le dimanche 4 octobre, le procureur de Reims, François Schneider, a confirmé que l’homme visible sur les images était bel et bien un policier, ont indiqué nos confrères de France 3 Grand Est.
Selon les informations d’ICI TV Champagne-Ardenne, il appartiendrait à la brigade anticriminalité (BAC).
Interrogé à ce sujet, François Schneider considère que l’agent en question n’est pas en faute.
« Il s’agit bien d’un policier jetant une grenade fumigène en action de maintien de l'ordre public, donc dans un cadre totalement légal au vu des circonstances et de la violence des émeutiers jetant des pierres sur les policiers et utilisant des mortiers », a expliqué le magistrat.
Avant d’ajouter :
« Aucun sujet donc et soutien aux forces de l’ordre ».
Un député dénonce une « provocation policière »
De son côté, une source policière partage le constat du procureur de Reims. Elle déclare dans les colonnes de France 3 Grand Est :
« Ce qu’on voit est entièrement autorisé dans le cadre d’un maintien de l’ordre. Le policierlance une grenade lacrymogène en direction d'un groupe de jeunes véhéments, des sommations d'usage avaient eu lieu. Quand une lacrymo est utilisée, c’est justement pour éviter le contact », détaille-t-il.
Des explications qui peinent à convaincre le député Anthony Smith, qui dénonce «une pure provocation policière» et «le mécanisme policier qui est la seule réponse de l’État» auxrevendications lycéennes.
« La violence policière, comme toutes les violences, devrait être condamnée. Je constate que ce n’est pas le cas », a-t-il ajouté.
