Antonio, 71 ans, et Juan José, 83 ans, touchent chacun 2 500 euros de retraite : ces deux frères pensent que les jeunes s'en sortent moins bien qu'eux

Deux frères espagnols, retraités avec environ 2 500 euros par mois, estiment que les jeunes s'en sortent moins bien qu'eux et doutent de l'avenir des pensions.

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En Espagne, l'inquiétude sur l'avenir des retraites ne vient pas seulement des jeunes actifs. Elle vient aussi de retraités qui vivent bien. Antonio et Juan José López, deux frères installés à Barcelone, touchent chacun environ 2 500 euros nets de pension par mois. Et ce sont eux qui le disent : ceux qui travaillent aujourd'hui sont moins bien lotis qu'eux.

Antonio, 71 ans au moment de l'entretien, est un ancien professeur de mathématiques. Juan José, 83 ans, était médecin. Leur témoignage, attribué selon les reprises à la radio catalane RAC1 ou au quotidien La Vanguardia, circule dans la presse espagnole depuis octobre 2025 au moins. Il a notamment été repris par le média El Español et continue d'être relayé un an plus tard, jusqu'en France.

2 500 euros par mois, bien au-dessus de la moyenne

Avec une telle pension, les deux frères font partie des retraités espagnols bien servis. À titre de comparaison, la pension de retraite moyenne atteignait 1 576 euros brut par mois en septembre 2026, selon la Sécurité sociale espagnole. En France, un retraité seul entre dans la classe moyenne à partir de 1 748 euros par mois.

Antonio explique que cette somme lui permet de vivre tranquillement. Son frère est plus réservé : avec un montant équivalent, Juan José dit simplement s'en sortir comme il peut. Il défend aussi le principe d'une pension liée à la carrière. Pour lui, quelqu'un qui a travaillé et cotisé pendant de longues années ne devrait pas toucher moins au motif qu'il a davantage de moyens.

Leur situation reste très éloignée de celle d'autres retraités, comme cet homme de 79 ans qui a vécu quatre mois dans sa camionnette avec 1 038 euros par mois.

Des salaires trop bas, des logements trop chers

C'est en regardant les plus jeunes que les deux frères s'inquiètent. Juan José le résume en une phrase :

Les jeunes vivent plus mal que les retraités parce que les salaires sont très bas.

L'ancien médecin précise sa pensée : même si les pensions ne sont pas élevées non plus, elles restent supérieures à ce que gagnent les jeunes. Ses propos, comme ceux de son frère, sont traduits de l'espagnol.

Antonio fait le même constat. Selon lui, en dehors des profils très qualifiés, les emplois proposés sont peu qualifiés et mal payés. Les jeunes gagnent donc peu, travaillent beaucoup, et acheter un logement leur coûte très cher. Sa génération, reconnaît-il, a déjà réglé ces questions.

La crainte d'un système à court d'argent

L'ancien professeur de mathématiques va plus loin. Sa pension lui suffit, mais il doute que le système puisse continuer ainsi :

Je pense que dans quelques années, il n'y aura plus d'argent pour les retraites si certaines choses ne changent pas.

Les deux frères n'avancent pas tout à fait la même solution. Juan José estime qu'il faudrait augmenter les impôts en Espagne, tout en constatant que la population n'y est pas prête. Antonio, lui, espère que la manière de collecter les recettes sera revue, ou que de jeunes travailleurs étrangers viendront s'installer dans le pays et y paieront des impôts à leur tour.

Ce que disent les chiffres

Leur inquiétude s'appuie sur une réalité démographique. En septembre 2026, la Sécurité sociale espagnole a versé plus de 10,5 millions de pensions à plus de 9,5 millions de personnes, pour une facture de 14,5 milliards d'euros sur le mois. Près de 6,8 millions de ces pensions sont des pensions de retraite. Et les nouveaux retraités partent avec des montants plus élevés que leurs aînés : 1 711 euros en moyenne pour les départs enregistrés en août.

La génération du baby-boom doit par ailleurs quitter le marché du travail dans les dix à quinze prochaines années. L'AIReF, l'autorité budgétaire indépendante du pays, prévoit que les dépenses de pensions passeront d'environ 13 % du PIB aujourd'hui à un peu plus de 16 % en 2050.

Le gouvernement espagnol se veut plus rassurant. En présentant ses propres projections, la ministre de la Sécurité sociale Elma Saiz a assuré que le système était soutenable, avec une dépense proche de 14 % du PIB en moyenne d'ici 2050. Selon ce scénario, le poids des pensions atteindrait son maximum en 2049 avant de redescendre.

Source : Sécurité sociale espagnole & El Español

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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