Souvenez-vous ! Il y a quelques jours, nous vous racontions l’histoire de Martine Ferreira, une habitante de Pessac âgée de 67 ans.
Atteinte d’un cancer et veuve, elle se bat depuis près de deux ans pour récupérer son logement squatté. Elle a finalement pu reprendre possession de son bien situé dans le quartier de la Châtaigneraie.
Le hic ? En intégrant son appartement, elle s’est retrouvée hors la loi, rapporte Ici Nouvelle-Aquitaine.
Une sexagénaire voit son appartement squatté depuis près de 2 ans
Le calvaire de la retraitée a commencé en avril 2025. À l’époque, la sexagénaire a proposé à Barbara, une mère de famille en difficulté, et à ses deux filles, de leur louer son appartement pour deux mois.
Un accord sans trace écrite a alors été conclu, et les trois femmes se sont installées dans le logement. Problème : la locataire est restée sur les lieux au-delà des deux mois prévus et a arrêté de payer le loyer.
En octobre 2025, Martine s’est rendue sur place pour discuter avec Barbara, mais la conversation a pris une tournure violente lorsqu’elle est entrée à l’intérieur. La propriétaire aurait été rouée de coups par les occupantes.
Depuis lors, une procédure d’expulsion a été ouverte. Alors qu’une audience était fixée en juin dernier, la squatteuse ne s’est pas présentée. Selon Martine, elle aurait demandé un nouveau rendez-vous en novembre, « au beau milieu de la trêve hivernale pour que son expulsion soit empêchée ».
De son côté, la propriétaire risquait de finir à la rue à cause de la fermeture du camping où elle louait un mobil-home.
Des jeunes du quartier veulent déloger la squatteuse
Alors que Martine était au plus mal, un coup de pouce inattendu lui a redonné espoir. Vendredi 2 octobre, l’émission C à vous, sur France 5, a diffusé un reportage consacré à l’histoire de la sexagénaire.
Ces images ont suscité la colère chez des « jeunes du quartier », qui se sont donné pour mission de « déloger la squatteuse », soulignent nos confrères. Interrogé par le média, Alexandre, un voisin, raconte ce qui s’est passé.
« Il y a plus d'une dizaine de jeunes du quartier qui sont arrivés pour en découdre. Les gens voient ça, vous avez tapé une vieille dame, forcément, ça scandalise tout le monde, et les petits jeunes du quartier, ils ont entendu ça et se sont dit, on va y aller, on va s'en occuper ». (Alexandre, un voisin)
Face à cette situation, Barbara a décidé de partir, ne se sentant pas en sécurité. Martine, quant à elle, a été prévenue par un voisin, qui lui a indiqué que son logement était vide.
Elle est retournée chez elle ce mardi 6 octobre, où elle a fait changer les serrures, avec l’autorisation des forces de l’ordre, affirme-t-elle.
La propriétaire récupère son logement mais est dans l’illégalité
Si Martine peut enfin souffler après de longs mois d’angoisse, elle aurait néanmoins dû se tourner vers un huissier de justice pour récupérer son appartement, selon Nolwenn Mallat, avocate en droit immobilier.
« Elle n’encourt rien sur le plan pénal mais pourrait encourir une responsabilité civile, puisque c'est considéré comme une reprise illicite tant qu'il y a une procédure en cours », explique-t-elle.
Malgré tout, cette victoire a un goût amer. Et pour cause : la sexagénaire ne reconnaît plus son bien, occupé pour le moment par son petit-fils.
« Il y a des excréments partout, les matelas ont été jetés parce qu'il y a des punaises de lit, c'est irrespirable, ils m'ont cassé des souvenirs de mon mariage, je suis révoltée », confie-t-elle à Ici Nouvelle-Aquitaine.
Une entreprise de nettoyage a été sollicitée pour rendre l’appartement habitable. Aujourd’hui, Martine se réjouit de le retrouver. Elle pourra ainsi passer les fêtes de fin d’année avec sa famille.
À noter que la décision de justice concernant cette affaire de squat sera rendue le 19 novembre.
