Les squatteurs sont les ennemis numéro 1 des propriétaires. Locataires qui ne paient pas leur loyer, personnes qui s’installent dans leur logement sans leur permission… Ce phénomène peut rapidement devenir un véritable problème.
En France, il est interdit d’expulser un squatteur par ses propres moyens. Malgré tout, certaines personnes désespérées n’hésitent pas à intervenir elles-mêmes car les procédures peuvent prendre du temps.
D’autres font carrément appel à des « délogeurs » contre de l’argent. Une activité illégale qui pourrait avoir de lourdes conséquences.
Des propriétaires font appel à des délogeurs pour expulser les occupants
Ce mardi 29 septembre, le journal de 20 h de France Info s’est penché sur cette pratique. Le reportage met en lumière des offres sur les réseaux sociaux destinées aux propriétaires dont le bien est squatté.
Ces annonces promettent de faire partir les occupants une bonne fois pour toutes, grâce à des « commandos spécialisés» . L’une d’elles, repérée par nos confrères, indique qu’elle mobilise « une équipe de quatre intervenants (gabarits 1m95 / 110 kg) ».
Elle propose un service complet, comprenant le délogement, le changement de serrure immédiat et une remise de clés en main propre. Une autre promet une intervention rapide dans le cadre légal.
Parmi ces « professionnels », on retrouve des trentenaires et des videurs de boîte de nuit. Ces derniers interviennent sur le temps libre et proposent leurs services pour 4 000 à 5 000 euros.
Des interventions intimidantes
Interrogés par France Info, certains membres évoquent leurs méthodes pour faire fuir les squatteurs.
D’abord, ils expliquent investir entièrement une pièce, comme le salon, pour imposer un sentiment d’oppression à l’occupant et lui faire comprendre qu’il n’a pas d’échappatoire.
« On lui fait comprendre qu’on n’est pas venu ici juste pour parler. On peut élever la voix, mais pas trop (…) », confie l’un des délogeurs.
Avant chaque intervention, ils s’informent sur les occupants et refusent d’agir lorsqu’il s’agit d’une femme avec des enfants en bas âge. En revanche, ils ne font pas preuve de la même retenue avec les autres.
« Quand on voit que ce sont des hommes de notre âge ou un peu plus âgés qui sont dans l’appartement, qui squattent depuis un an et demi, deux ans… Là, on est sans scrupules avec eux », ajoute-t-il.
Une pratique illégale
Comme le précise le reportage, ces « brigades d’intervention » se filment lors de chaque opération afin de se protéger en cas de litige.
Sur des images récupérées par France Info, on voit un homme, décrit comme «un locataire mauvais payeur», leur ouvrir la porte sans se douter ce qui l’attend.
Au total, l’intervention a duré seulement trois minutes. L’homme quitte les lieux, tandis que la serrure est changée.
Si cette opération est une réussite, elle est surtout illégale. Ces délogeurs risquent en effet une peine de cinq ans de prison.
De leur côté, les propriétaires ayant fait appel à leurs services peuvent écoper de trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 30 000 euros.
