Une propriétaire arrêtée par la police à la place du squatteur qu'elle tente de déloger de sa maison

Le fléau des squatteurs est raconté dans un documentaire qui devrait sans doute faire parler. Il met en lumière plusieurs victimes qui témoignent de l'inaction de la justice.

Un documentaire choc sur les squatteurs

Il n'y a pas qu'en France que les squatteurs mènent la vie dure aux propriétaires sans être inquiétés. Aux États-Unis aussi les squatteurs semblent avoir plus de droits que les propriétaires. Une aberration dont se sont emparés deux présentateurs et acteurs stars outre-Atlantique : Kelly Ripa et Mark Consuelos.

Extrait tiré du documentaire Squatters: Get The F*** Out of My HouseCrédit photo : Hulu/ Disney+

C'est l'objet de la série documentaire Squatters: Get The F*** Out of My House. La série en six épisodes suit plusieurs familles victimes de squatteurs qui savent exactement comment instrumentaliser les protections des locataires et retourner le système judiciaire contre ceux-là mêmes qu'il est censé protéger, indique le synopsis. Elle est produite par Milojo et ABC News Studios.

Un premier teaser a été partagé sur le site PEOPLE et annonce la couleur. « Du Queens à Malibu en passant par Newark, chaque cas est plus révoltant que le précédent — et le système continue de faire défaut aux personnes qui détiennent le titre de propriété », poursuit la tagline de la série.

La série a d'abord été diffusée le 4 juin sur ABC avant d'être disponible en streaming. Elle est produite par Kelly Ripa et Mark Consuelos, qui en sont aussi les producteurs exécutifs. Les six épisodes portent chacun le titre d'un cas : How to Hijack a House, The Parasite of Malibu, The Dating App Squatter, The Skeleton and the Squatter, Don't Piss Off Patti Peeples et The Squatter and the S.W.A.T. Team.

Les situations documentées dépassent souvent l'entendement. Dans un épisode, un homme se réclamant époux de droit commun d'une défunte prend possession de sa maison après son décès, détruit tout sur son passage, envoie des photos de lui vêtu de ses habits, puis attaque la famille en justice pour 400 000 dollars depuis sa cellule de prison. Dans un autre cas, une propriétaire de Newark découvre que le squatteur qui a investi son premier logement se réclame d'une idéologie anti-gouvernement affirmant avoir la souveraineté sur les biens, ce qui débouche sur une intervention du SWAT et une tempête sur TikTok.

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« Je suis arrêtée parce que je suis chez moi », les victimes enragent contre la loi

Extrait tiré du documentaire Squatters: Get The F*** Out of My HouseCrédit photo : Hulu/ Disney+

Dans l'extrait dévoilé que nous vous partageons ci-dessous, les différentes victimes témoignent face caméra. Certaines sont déterminées à se battre, d'autres sont abattues par la tournure des événements. « On n'imaginait pas que ce n'était que le début d'une histoire horrible », lance ainsi une femme en pleurs.

Une autre victime, Patti Peeples explique le sentiment d'impuissance que ressentent les propriétaires confrontés à des squatteurs. Elle regrette ainsi que la justice ne soit pas de leur côté. « Vous pourriez rentrer chez vous, trouver quelqu'un assis sur votre canapé, et vous n'auriez aucun droit de lui demander de partir », fustige-t-elle. Son cas, intitulé Don't Piss Off Patti Peeples, raconte comment des squatteurs accompagnés de leurs chiots pit-bull ont envahi une maison à Jacksonville, que la police s'est déclarée impuissante, et que Patti a tenu 36 jours sur le trottoir avant de découvrir l'ultime acte de vengeance des occupants.

Dans la bande-annonce, on assiste à l'arrestation d'une femme, Adele Andaloro, dans le Queens, menottée par la police. Son histoire avait fait grand bruit en 2024. Elle avait affronté les squatteurs qui avaient pris possession de la maison de ses parents après leur décès. Durant son arrestation, la victime lance face caméra : « Je suis arrêtée parce que je suis chez moi. »

Adele Andaloro s'apprêtait à vendre la maison familiale qu'elle avait héritée à Flushing, dans le Queens, quand des squatteurs ont pris possession des lieux, installé une nouvelle porte et changé les serrures. Lorsqu'elle est entrée accompagnée d'une équipe d'ABC7 New York, les squatteurs ont appelé la police, et c'est elle qui s'est retrouvée arrêtée pour expulsion illégale. À New York, il est illégal pour un propriétaire de couper les services, de changer les serrures ou de retirer les affaires d'une personne se réclamant locataire. Et la loi de l'État accorde des droits à quiconque squatte un logement depuis au moins 30 jours, le conflit devenant alors un différend civil à régler devant le tribunal du logement.

Les procédures d'expulsion à New York City nécessitent en moyenne 20 mois avant d'être réglées. Après sa libération et l'abandon des charges contre elle, Adele Andaloro a rencontré le bureau du procureur de Queens, qui a ouvert une enquête. Un grand jury a mis en examen le squatteur principal, Brian Rodriguez. Rodriguez a finalement été condamné à deux ans de prison pour occupation illégale. Il avait plaidé coupable pour avoir forcé l'entrée de la maison après que la propriétaire a tenté de reprendre son bien, puis avoir prétendu être un locataire légal victime de harcèlement. La vidéo virale de l'arrestation d'Adele Andaloro a déclenché une indignation nationale et conduit à une modification de la loi dans l'État de New York.

C'est cette injustice que subissent les propriétaires qu'ont voulu mettre en avant les producteurs. « Si les lois ne peuvent pas vous aider, si la police ne peut pas vous aider, vers qui êtes-vous censé vous tourner ? », se demande ainsi une victime.

Un phénomène qui ne se limite pas aux États-Unis. En France aussi, tenter de déloger un squatteur peut coûter cher au propriétaire qui agit sans passer par la justice.

Le documentaire Squatters: Get The F*** Out of My House est disponible dès le 4 juin sur Disney+. Pourra-t-il faire changer la loi outre-Atlantique ?

Camille V.

Au sujet de l'auteur :

Titulaire d'un Master en Communication/Cinéma, Camille V. est journaliste spécialisée dans les intersections entre culture et écologie. Auteure d’un mémoire remarqué sur la Cli-fi (Climate Fiction) au cinéma, elle décrypte pour Demotivateur l'actualité du divertissement (films et séries) sous un angle sociétal et environnemental. Passionnée par l'art et la protection animale, elle apporte une expertise académique et critique à la rédaction de ses dossiers.