Si le frein à main lâche, c'est le trottoir qui retient la voiture : pourquoi il faut braquer ses roues en pente, et le cas où il faut faire l'inverse

En pente, des roues tournées vers le trottoir font de la bordure une butée si le frein cède. Mais en montée, il faut les braquer dans l'autre sens.

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Un frein à main qui se détend, un câble fatigué, un levier de boîte automatique mal enclenché : il suffit d'une seule défaillance pour qu'une voiture garée dans une rue pentue se mette à rouler toute seule. C'est pour ce scénario qu'existe un geste très simple, enseigné en auto-école puis souvent oublié : braquer les roues avant au moment de se garer.

Le principe consiste à confier au trottoir le rôle de dernière barrière. Si tout le reste lâche, la bordure bloque la roue et la voiture s'immobilise au lieu de dévaler la rue. Mais contrairement à une idée répandue, il ne faut pas toujours tourner les roues vers le trottoir. Dans un cas précis, en montée le long d'une bordure, c'est même l'inverse qu'il faut faire.

En descente, la bordure devient une cale

Lorsque la voiture est garée le nez vers le bas de la pente, la règle est la plus intuitive : on tourne le volant pour orienter les roues avant vers le trottoir. Le manuel du DMV californien, l'administration qui délivre les permis de conduire dans cet État américain, précise que l'avant du pneu avant droit doit venir toucher la bordure, rapporte le média French Morning.

La logique est purement mécanique. Si le véhicule avance malgré le frein, la roue braquée l'entraîne vers la droite, droit dans le trottoir, qui l'arrête après quelques centimètres. Avec des roues droites, rien ne l'empêcherait de prendre de la vitesse dans l'axe de la rue, vers les voitures garées plus bas, les piétons ou un carrefour.

En montée, il faut tourner les roues vers la route

Tout change quand la voiture est garée face à la montée. Si elle se met à bouger, elle recule. Or, en marche arrière, des roues braquées vers la droite envoient l'avant du véhicule vers la gauche, c'est-à-dire vers le milieu de la chaussée. Le trottoir ne servirait alors à rien.

On tourne donc cette fois les roues vers la route, à l'opposé de la bordure. Si la voiture recule, c'est l'arrière du pneu avant droit qui vient buter contre le trottoir et la retient. Les supports de prévention français résument la règle de la même manière, à l'image du site Zéro Tracas de l'assureur MMA : vers le trottoir en descente, vers la route en montée.

Sans trottoir, sur une petite route ou le long d'un bas-côté, la consigne devient la même dans les deux sens : roues tournées vers l'accotement. Le code californien demande de les orienter pour que la voiture ne roule pas vers le centre de la chaussée si le frein à main cède. Mieux vaut qu'elle finisse sa course dans le fossé qu'au milieu de la circulation.

Sur une rue à sens unique où l'on se gare à gauche, comme le Code de la route l'autorise, le raisonnement s'applique simplement en miroir : le trottoir se trouve de l'autre côté.

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À San Francisco, un oubli qui se paie

Dans certaines villes, ce réflexe n'est pas un simple conseil. En Californie, le code des véhicules permet aux autorités locales de l'imposer dans les quartiers résidentiels et commerciaux dès que la pente dépasse 3 %, soit 3 mètres de dénivelé sur 100 mètres. Une inclinaison à peine perceptible à l'œil. La règle locale peut alors prévoir que personne ne laisse un véhicule sans surveillance sur une telle pente :

« sans bloquer ses roues en les tournant contre le trottoir ou par un autre moyen »

Cet extrait de l'article 22509 du California Vehicle Code est traduit de l'anglais.

San Francisco, célèbre pour ses rues vertigineuses, applique cette règle et la fait respecter. Ne pas braquer ses roues figure parmi les infractions de stationnement les plus courantes de la ville, selon NBC Bay Area. En avril 2026, le conseil d'administration de l'agence municipale des transports (SFMTA) a même voté une baisse de l'amende, de 73 à 48 dollars, estimant que ces infractions n'avaient pas d'impact sur la sécurité routière.

La Californie n'est pas un cas isolé. En 2017, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, un seul agent a verbalisé 17 automobilistes en quelques heures parce qu'ils n'avaient pas tourné leurs roues, alors que leur stationnement était payé et autorisé, rapportait Radio-Canada. Le code de la sécurité routière de cette province canadienne impose de braquer le volant dès qu'une pente est perceptible.

En France, un réflexe à ajouter au frein à main

En France, cette précaution fait partie de celles enseignées aux candidats au permis, dans le thème « prendre et quitter son véhicule » de l'examen du code. Les supports de révision l'associent à deux autres gestes lorsque la rue est en pente : serrer le frein à main et enclencher une vitesse, ou placer le levier sur P avec une boîte automatique.

Les trois se complètent. Le frein et la boîte retiennent la voiture, les roues braquées limitent les dégâts si l'un d'eux cède. Sur une boîte automatique, l'ordre compte aussi : serrer le frein de stationnement avant de passer sur P évite de faire porter tout le poids du véhicule sur le petit cliquet de la boîte, un point que nous détaillions dans notre article sur ce geste qui abîme les boîtes automatiques.

Le geste prend deux secondes au moment de couper le contact. Il évite pourtant le pire : une voiture qui dévale une pente sans conducteur peut causer d'importants dégâts, voire percuter mortellement des passants, rappelle le ministère des Transports de Côte d'Ivoire dans sa fiche consacrée au stationnement en pente.

Source : California Legislative Information & NBC Bay Area

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.

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