Il vend sa maison à Toronto, part vivre en Thaïlande avec ses deux enfants, puis rachète une maison au Japon pour environ 290 000 euros

Ancien recruteur à Toronto, Brendan Pon a vendu sa maison pour s'installer en Thaïlande avec ses enfants, avant de racheter à Osaka pour 290 000 €.

Ajoutez-nous à vos sources préférées

Brendan Pon avait la vie qu'on lui promettait depuis l'enfance : une maison à Toronto, un poste de recruteur après dix ans de carrière dans la finance, et un couple qui travaillait à temps plein. Il a fini par tout vendre pour s'installer en Thaïlande avec sa femme et leurs deux enfants en bas âge. Un an plus tard, la famille a de nouveau fait ses valises, direction le Japon, où elle a racheté une maison à Osaka pour environ 290 000 euros, cash.

Une vie « par défaut » à Toronto

Né et élevé à Toronto, Brendan Pon, aujourd'hui âgé de 37 ans, a passé dix ans comme recruteur spécialisé dans les postes seniors en comptabilité, après avoir lui-même exercé ce métier. Avec sa femme, il suivait ce qu'il appelle le « chemin par défaut » : études, emploi, maison, enfants, retraite vers 65 ans. Le couple possédait une maison, une voiture et un bon réseau social, raconte-t-il à Business Insider.

Mais le coût de la vie grimpait. Le couple dépensait environ 1 800 dollars canadiens par mois en courses (environ 1 200 dollars américains) et 400 dollars canadiens de charges, en plus d'un crédit immobilier de plusieurs milliers de dollars mensuels. « Nous avions de bonnes habitudes de consommation, mais payer une centaine de dollars pour deux sacs de courses commençait à devenir un peu ridicule », confie-t-il.

Le vrai déclic est venu de la naissance de leur fils, en 2020, puis de leur fille trois ans plus tard. C'est sa femme qui lui a fait découvrir le mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early), une stratégie d'épargne agressive pour sortir plus tôt de la vie active. « C'est elle qui me l'a présenté, et c'est honnêtement le cerveau de tout notre projet », reconnaît Brendan Pon.

« Le tournant pour nous, ça a été la naissance de notre fils. Ça a changé notre vision de la vie, parce qu'il est scientifiquement prouvé que les enfants ont besoin de leurs parents tôt dans leur existence : c'est la période la plus importante pour le développement cognitif », explique-t-il.

Premier départ : Chiang Mai, en Thaïlande

En mai 2024, la famille vend sa maison de Toronto et s'installe à Chiang Mai. Le couple loue un logement pour environ 2 500 dollars canadiens par mois, arrête de travailler à temps plein, et voit son budget fondre : environ 216 dollars de charges, 91 dollars de courses et 73 dollars de restaurants par semaine. Ils achètent même une voiture sur place, pour environ 20 000 dollars. D'autres familles ont fait ce même choix ces derniers mois, direction la Thaïlande pour un rythme de vie plus lent.

Mais l'essai ne se transforme pas. « On avait l'impression de vivre dans une bulle d'expatriés », reconnaît Brendan Pon, qui évoque aussi des difficultés à s'intégrer à la communauté locale et une chaleur écrasante toute l'année.

La suite après cette vidéo

Cap sur le Japon et une maison achetée à distance

Le yen étant au plus bas, la famille se met à explorer le marché immobilier japonais depuis la Thaïlande. Elle jette son dévolu sur Osaka : un aéroport international, une offre gastronomique généreuse, et le confort de Tokyo à une échelle plus abordable. En novembre 2024, la famille visite plusieurs biens sur place sans trouver son bonheur, mais suffisamment pour se familiariser avec le marché local.

De retour en Thaïlande, elle finit par dénicher la maison en ligne et l'achète à distance, avec l'aide d'une agence, pour 49,8 millions de yens, soit environ 290 000 euros au taux de change de l'époque (environ 320 000 dollars américains selon Business Insider). Le tout payé cash, sans crédit.

Une nouvelle vie à Osaka, à vélo et sans voiture

La famille s'installe officiellement à Osaka en juillet 2025, dans un quartier composé à 98 % de résidents japonais, où cohabitent une maison de retraite et de nombreuses jeunes familles. Le fils est scolarisé dans une maternelle du quartier, la fille dans une crèche internationale à temps partiel. Fini la voiture : direction le vélo et les transports en commun pour l'école, la piscine ou le parc.

Le budget mensuel évolue encore : environ 936 dollars de courses et 137 dollars de charges, un niveau de vie plus élevé qu'en Thaïlande mais toujours inférieur à celui du Canada. La barrière de la langue reste le principal obstacle, notamment pour les démarches administratives ; Brendan Pon a depuis commencé des cours de japonais. Il tire aujourd'hui ses revenus de sa chaîne YouTube, où il documente cette double expatriation, ainsi que d'une activité complémentaire.

« On a fait tout ce voyage parce qu'on voulait reprendre le contrôle de nos vies. Trop souvent, les gens ne réalisent pas qu'il existe d'autres chemins : ils continuent simplement à faire la même chose toute leur vie », résume-t-il (propos traduits de l'anglais).

Deux ans après avoir quitté ce qu'il appelle le « chemin par défaut », Brendan Pon assure ne rien regretter, tout en reconnaissant que la vie a rarement suivi le scénario prévu au départ. « Le plan initial était de vivre en Thaïlande avec nos enfants. Le calcul de départ était un peu différent de la réalité », admet-il. Sa famille, elle, n'exclut pas un nouveau changement de cap si les besoins évoluent encore.

Suivez-nous sur Google

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.