Ils vendent leur maison 440 000 euros et partent vivre à Bali avec leurs 3 enfants dans une villa avec piscine à 680 euros par mois

Une famille anglaise a vendu sa maison 390 000 livres après une frayeur médicale et vit aujourd'hui à Bali dans une villa avec piscine louée 680 euros par mois.

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Ils en parlaient depuis des années sans jamais franchir le pas. Il aura fallu une boule dans le cou et un rendez-vous médical très mal engagé pour que Joseph et Rebecca Oxley mettent enfin leur maison en vente.

Le couple, 37 ans tous les deux, vivait à Darley Dale, un village du Derbyshire, dans une maison de quatre chambres. Depuis le mois d'avril, la famille et ses trois enfants habitent à Bali, dans une villa avec piscine louée 600 livres par mois, soit environ 680 euros. Leurs dépenses totales sont passées de 4 543 livres à 1 760 livres mensuelles, environ 5 150 euros contre un peu moins de 2 000. L'écart, 2 783 livres, représente près de 3 150 euros économisés chaque mois.

Un diagnostic qui fait basculer le projet

Le déclic ne vient pas d'un calcul de rentabilité. Rebecca découvre une grosseur dans son cou. Les médecins évoquent 80 % de risque qu'il s'agisse d'un cancer.

« Le monde s'est écroulé. On ne savait pas quoi faire. Ma femme a survécu à un cancer du sein à 22 ans, alors entendre ça a été un coup terrible », raconte Joseph au Derbyshire Times.

Le couple paie des examens dans le privé pour accélérer les choses. Verdict : la masse est bénigne. Mais le soulagement ne les ramène pas à leur vie d'avant. Il agit dans l'autre sens.

« Elle m'a dit qu'on n'était pas venus au monde juste pour des briques et de l'eau, pour courir après des dettes et être trop occupés à élever nos enfants parce qu'on travaille trop », poursuit-il.

Une semaine après avoir reçu les résultats, la maison est en vente. « Une fois qu'on a eu ce résultat, on n'attendait plus. On partait », résume Joseph, technicien indépendant dans les télécommunications.

Un projet mûri entre l'Australie et l'Espagne

L'idée de partir traînait depuis un voyage en famille en Australie, en octobre 2024. Le couple envisage d'abord de s'y installer définitivement, avant de renoncer faute d'opportunités professionnelles adaptées.

« On avait vraiment l'impression d'être dans une roue de hamster en Angleterre. L'Australie était beaucoup plus détendue. Il y avait les plages, la mer, le climat, et un équilibre entre vie pro et vie perso où tu ne te tues pas au travail », explique-t-il.

Des vacances en Espagne à l'été 2025 finissent de les convaincre. « On était debout dans la mer en train de discuter et on se disait : mais qu'est-ce qu'on fait ? On détestait l'idée de rentrer. Alors on a décidé de mettre la maison en vente et de régler le reste plus tard. »

Le bien part pour environ 390 000 livres, autour de 440 000 euros. L'offre est acceptée en octobre 2025, la famille quitte le Royaume-Uni en février 2026 direction la Thaïlande. Le programme initial prévoyait ensuite le Vietnam et les Philippines avant Bali et l'Australie. La situation au Proche-Orient les pousse à filer directement en Indonésie.

680 euros la villa avec piscine, la plage à un kilomètre

C'est sur le logement que l'écart se creuse le plus. Au Royaume-Uni, le couple remboursait 1 387 livres de crédit chaque mois, environ 1 575 euros. À Bali, leur villa privée avec piscine leur coûte 600 livres, la plage se trouve à un kilomètre à pied.

Le reste suit la même pente. « Pour un repas au pub à cinq en Angleterre, tu en as au minimum pour 100 livres. À Bali, on mange dehors à cinq pour environ 50 livres, boissons et desserts compris », détaille Joseph. Soit à peu près 115 euros contre 57.

Ce que Rebecca retient, elle, c'est autre chose : « Quand on était en Thaïlande, on pensait qu'on ne pouvait pas rencontrer des gens plus gentils. Mais à Bali tout le monde est serviable, chaleureux, positif. Ils sont très fiers de leur culture et de leurs traditions, et ils adorent les transmettre. »

« On voyait le stress sur nos enfants »

Les trois enfants du couple, 13, 11 et 6 ans, sont scolarisés à la maison depuis l'Angleterre. Rebecca s'en occupe à plein temps. Selon leur père, le changement est visible.

« On voyait le stress sur eux au Royaume-Uni, ce qui est fou parce que des enfants devraient être des enfants. Ici ils sont plus heureux, plus légers. Ils apprennent la langue et la culture, se font des amis, découvrent la vie en dehors d'une salle de classe. »

Le rythme local a aussi déteint sur les parents. « Au Royaume-Uni tu as la livraison en 24 heures et tout est urgent. En Asie du Sud-Est, c'est plutôt : si ce n'est pas fait aujourd'hui, ce sera fait un jour. Les gens sont tellement positifs que ça finit par déteindre. Au lieu de s'inquiéter en permanence pour les factures et l'argent, on profite les uns des autres. »

La famille ne s'engage pour l'instant sur rien. « On ne sait pas exactement où on finira. L'Australie reste sur la table, mais pour le moment on savoure la liberté. »

Ce type de départ n'a plus rien d'isolé. En mai dernier, une autre famille britannique vendait sa maison 400 000 euros pour s'installer en Thaïlande dans une villa avec piscine à 815 euros par mois. Avant elle, un couple avait quitté l'Europe pour faire construire la maison de ses rêves pour 70 000 euros.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.