Ils vendent leurs deux maisons en Écosse et s'installent sur un bateau de croisière : 2 100 euros économisés chaque mois

Ils payaient près de 8 000 euros par mois en Écosse. Depuis février, ce couple vit à bord de bateaux de croisière et dépense environ 2 100 euros de moins chaque mois.

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Le calcul tient sur une feuille de tableur, et c'est précisément comme ça qu'il a commencé. En additionnant leurs dépenses mensuelles, Katrina et Kevin Middleton, un couple installé à Arbroath, sur la côte est de l'Écosse, sont tombés sur un total qui ne passait plus : près de 6 800 livres, soit environ 7 950 euros. Leur réponse a été radicale. Ils ont vendu leur maison, puis la deuxième, et sont partis vivre à bord de bateaux de croisière.

Deux ventes immobilières en cinq mois

Le processus s'est fait en deux temps. En septembre 2025, le couple se sépare d'abord de sa grande maison, cédée pour plus de 400 000 dollars selon les chiffres relayés par la presse anglo-saxonne, soit environ 345 000 euros. Il emménage alors dans un logement plus petit, avec l'idée de réduire la voilure sans quitter la terre ferme.

Sauf que les comptes ne suivent toujours pas. Cinq mois plus tard, en février 2026, la seconde maison part à son tour, pour un montant estimé à plus de 260 000 dollars, autour de 225 000 euros. Cette fois, il n'y a plus de logement de repli. Katrina et Kevin embarquent sur l'Allure of the Seas, un navire de la compagnie Royal Caribbean qui mesure environ 360 mètres de long et peut accueillir plus de 5 000 passagers.

Ce que coûtait vraiment leur vie sur terre

Le détail de leur ancien budget explique la décision mieux que n'importe quel discours sur le minimalisme. Sur les 6 800 livres mensuelles, le crédit immobilier ne représentait qu'environ 1 000 livres, à peu près 1 170 euros. Le poste le plus lourd, et de loin, c'était l'automobile : deux véhicules, environ 2 600 livres par mois, soit près de 3 040 euros. S'ajoutaient encore quelque 600 livres de factures, autour de 700 euros, puis la taxe d'habitation locale, les courses, les restaurants et les abonnements à la salle de sport.

Aujourd'hui, leur budget tourne autour de 5 000 livres, soit environ 5 850 euros. Dans cette enveloppe : à peu près 4 500 euros pour la croisière elle-même, cabine, repas et spectacles compris, entre 400 et 450 euros de connexion internet, et de zéro à 350 euros d'excursions selon les escales. L'écart avec leur ancienne vie tourne autour de 2 100 euros par mois.

« C'est la meilleure décision qu'on pouvait prendre, et on est clairement plus heureux. On s'est rendu compte que c'était plus abordable, et qu'on économise de l'argent tout en voyageant », a expliqué Katrina Middleton, citée par le magazine américain People.

Le vrai problème, ce sont les fuseaux horaires

Contrairement à la plupart des couples qui tentent l'expérience, les Middleton ne sont pas retraités. Katrina, 29 ans, travaille dans le marketing. Kevin, 43 ans, est consultant en informatique. Tous les deux exercent à distance, et leurs employeurs sont britanniques.

C'est là que le rêve se heurte à la logistique. Où qu'ils se trouvent sur la planète, ils doivent rester alignés sur les horaires du Royaume-Uni. Le couple tient donc un tableur pour chaque croisière, afin d'anticiper le fuseau horaire de chaque journée et savoir à quelle heure se connecter. Certains matins, cela signifie se lever en pleine nuit.

« Les gens s'imaginent qu'on ne travaille pas vraiment, qu'on est juste au bord de la piscine avec un cocktail. Mais quand on travaille, on travaille », précise Katrina.

Elle balaie en revanche l'idée que le navire soit une source de distraction permanente. Tout dépend, selon elle, de l'endroit où l'on s'installe à bord. Et elle défend un avantage que la vie de bureau ne procure pas : à quai comme en mer, la journée finie, on décroche vraiment.

Ce qui leur manque

Le couple ne présente pas son quotidien comme un paradis sans nuage. Il y a l'éloignement des proches, qu'aucune connexion satellite ne compense. Et un manque plus prosaïque, que Katrina cite spontanément : la cuisine maison. La restauration à bord est abondante et souvent excellente, mais elle ne remplace pas un plat mijoté chez soi, ni même un simple café préparé dans sa propre cuisine.

Un mode de vie qui n'a plus rien d'exotique

Les Middleton s'inscrivent dans un mouvement qui prend de l'ampleur depuis le début des années 2020. Le cas le plus connu reste celui d'Angelyn et Richard Burk, ce couple de Seattle qui a vendu sa maison pour vivre 365 jours par an sur des bateaux de croisière, en enchaînant les traversées à environ 89 dollars par jour à deux.

Depuis, une offre spécifique a émergé. Le Villa Vie Odyssey, un navire résidentiel de 642 pieds parti en octobre 2024 pour un tour du monde permanent, propose d'acheter une cabine pour toute la durée de vie du bateau, soit une quinzaine d'années. Les prix commencent autour de 129 000 dollars pour une cabine intérieure, auxquels s'ajoutent des frais mensuels d'environ 2 000 dollars par personne en occupation double, et 3 000 dollars pour une personne seule.

Parmi ses résidents figure Sharon Lane, une enseignante américaine à la retraite d'un peu moins de 80 ans. Quand son bail est arrivé à échéance dans sa résidence pour seniors du comté d'Orange, en Californie, elle a fait ses calculs et investi ses économies dans une cabine. Elle a embarqué en juin 2025. Un an plus tard, elle expliquait à CNN qu'elle ne considérait pas cela comme un voyage, mais comme son domicile, et qu'elle comptait y rester aussi longtemps que le navire naviguerait.

Reste que l'équation ne fonctionne pas pour tout le monde. Elle suppose des revenus stables et indépendants du lieu de résidence, une tolérance réelle à l'espace réduit, et un budget de départ qui n'a rien de dérisoire. Les Middleton, eux, recommandent une méthode simple à ceux qui y pensent : commencer par des croisières courtes, et voir si le quotidien tient la distance avant de mettre la maison en vente.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.