Il est 2 h du matin et il fait grand jour : cette photo d'un renardeau et d'un crabe vient de remporter son 5ᵉ prix

Prise à 2 h du matin sous le soleil de minuit en Norvège, la photo d'un renardeau lançant un crabe en l'air enchaîne les récompenses. La photographe raconte la scène.

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À première vue, on jurerait une photo de fin d'après-midi. Lumière dorée, ombres douces, un renardeau qui bondit sur un tapis d'algues. Sauf qu'il est 2 heures du matin. Et cette image, signée de la Norvégienne Cecilie Bergan Stuedal, vient de décrocher sa cinquième récompense en quelques mois.

Un renardeau, un crabe et le soleil de minuit

La scène se passe dans le Finnmark, tout au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire. En juillet, le soleil n'y descend jamais sous l'horizon : il fait jour vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C'est ce qu'on appelle le soleil de minuit, et c'est ce qui explique cette lumière rasante en pleine nuit.

Sur l'image, baptisée Aerodynamic crab (« crabe aérodynamique »), un jeune renard roux est figé en plein élan, gueule ouverte, tandis qu'un crabe vole au-dessus de lui. Autour, le fucus vésiculeux — ce goémon brun qui tapisse les rivages nordiques — recouvre les rochers.

« Il a soudain lancé le crabe en l'air »

La photographe n'est pas tombée dessus par hasard. Elle a passé plusieurs nuits sur place, à observer une petite famille de renards, comme elle l'a raconté à Digital Camera World.

Cette nuit-là, vers 2 heures du matin, le renardeau s'approche d'elle en mâchonnant déjà un crabe. Il finit son repas, se promène, prend la pose. Puis il retourne fouiller dans les algues pour en dénicher un autre. Et là, il l'envoie valser en l'air. « C'est cette fraction de seconde que j'ai réussi à capturer », explique-t-elle. Le crabe est retombé dans le goémon, le renardeau l'a retrouvé, et il l'a mangé.

Côté matériel, rien de dernier cri : un Nikon D6, un reflex sorti en 2020 et aujourd'hui arrêté, associé à un téléobjectif 70-200 mm. Réglages : 1/1000 de seconde, f/2.8, 3200 ISO.

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Cinq prix pour une seule image

Le parcours de cette photo a de quoi donner le tournis. Sur la page « Awards » de son site, Cecilie Bergan Stuedal recense les distinctions une à une : d'abord un Gold Award en juillet 2025 au concours mensuel de The Societies of Photographers, catégorie « Natural World – Wild Animals ».

Puis le titre de Wildlife Photographer of the Year 2025 décerné par cette même organisation, une deuxième place au classement général du Photographer of the Year 2025 — confirmée par PetaPixel —, un Gold au concours Biofoto Nord-Norge en catégorie nature côtière, et enfin cette cinquième récompense, remise par la Society of International Nature and Wildlife Photographers (SINWP).

Attention à ne pas confondre les concours

Petite précision qui a son importance : ce « Wildlife Photographer of the Year » n'est pas celui du Muséum d'histoire naturelle de Londres, le plus prestigieux du genre. Ce dernier a couronné en octobre 2025 le Sud-Africain Wim van den Heever et son image d'une hyène brune dans une ville fantôme de Namibie, choisie parmi plus de 60 000 clichés.

Deux concours différents, donc, portant un nom très proche. Ce qui n'enlève rien au renardeau du Finnmark : cinq jurys successifs ont estimé que son bond méritait un prix.

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Manon, c'est notre journaliste couteau-suisse. Gémeaux oblige, elle s'intéresse à tout : de la psychologie humaine aux mystères de la lune, en passant par l'art d'optimiser son intérieur et de pimper son quotidien. Elle adore aussi voyager et découvrir de nouveaux endroits dès qu’elle en a l’occasion. Pour elle, chaque détail de la vie pratique mérite une enquête approfondie. Son secret pour rester inspirée ? Le cinéma et les séries, qu'elle dévore sans modération avant de transformer ses réflexions en articles (vraiment) utiles.