En 2017, une mystérieuse créature qui n’avait plus donné de signe de vie depuis des décennies a refait surface au Guatemala.
Son apparition n’a pas manqué de réjouir la communauté scientifique qui croyait cette espèce disparue pour toujours, à l’image de ce primate venimeux.
Un garde forestier découvre une espèce supposée disparue
C’est le garde forestier Ramos Leon-Thomas qui est à l’origine de cette découverte. Âgé de 27 ans, il travaillait alors dans la réserve naturelle de Finca San Isidro Amphibian, située dans le nord-ouest du Guatemala, rapporte le magazine National Geographic.
Le gardien était en train de prendre sa pause déjeuner à la lisière du parc lorsqu’il a aperçu une salamandre dorée en octobre 2017. Une trouvaille importante puisque ce spécimen est extrêmement rare.
Crédit Photo : Carlos Vasquez
Face à cette situation, il a envoyé une photo de l’amphibien à Carlos Vasquez, herpétologiste à l’Université de San Carlos au Guatemala. Le spécialiste a alors pu confirmer son identité.
La présence de cet animal constituait une excellente nouvelle. Et pour cause : la salamandre dorée (Bolitoglossa jacksoni) n’avait plus été vue depuis les années 1970.
Cette petite salamandre est reconnaissable à sa peau jaune vif et luisante, ce qui lui vaut le surnom de « merveille dorée ». Son dos est traversé par une large bande marron foncé, qui lui donne une apparence étonnante.
La dernière observation remonte à 1975 au Guatemala
Cet amphibien n'avait pas été observé depuis sa découverte en 1975 par deux étudiants américains, Paul Elias et Jeremy Jackson. La salamandre a d’ailleurs été baptisée en l’honneur de ce dernier.
Le duo avait alors découvert deux spécimens dans la forêt tropicale humide de Finca Chiblac, au cœur de la Sierra de los Cuchumatanes, dans l’ouest du pays, à environ 1 400 mètres d’altitude.
L’espèce avait ensuite réussi à passer inaperçue pendant de longues années, et ce, malgré les nombreuses expéditions menées par Carlos Vasquez pour la retrouver depuis 2005. Le scientifique avait même consacré plus de 3 000 heures à cette recherche.
De leur côté, Paul Elias et Jeremy Jackson avaient tenté de remonter sa trace en 2014, en vain.
La salamandre dorée faisait partie des 25 espèces perdues les plus « activement recherchées » par la fondation Global Wildlife Conservation. Elle est ainsi devenue la première espèce à sortir de la liste grâce à sa redécouverte en 2017.
Crédit Photo :Carlos Vasquez
« Une belle histoire »
Comme le précisent nos confrères, le garde-forestier Ramos Leon-Thomas a photographié la salamandre, probablement un jeune mâle, à une altitude supérieure de 300 mètres à celle du lieu où l’espèce avait été identifiée en 1975. Cette histoire n’est pas sans rappeler ce chasseur à l’origine d’une redécouverte.
« Nous avions commencé à craindre que l'espèce ne soit partie, et maintenant, c'est comme si elle revenait de l'extinction, c'est une belle histoire qui marque un avenir prometteur pour la conservation de cette région spéciale », avait commenté à l’époque Carlos Vasquez à propos de la salamandre.
Paul Elias, lui, a rappelé à quel point il est important de protéger les habitats des espèces en danger d'extinction.
« La redécouverte de la plus rare des rares espèces montre à quel point la conservation de l'habitat est importante pour la persistance de ces animaux spéciaux dans ces endroits exceptionnels, et pour moi personnellement c'est un moment de pure joie », a-t-il indiqué. L’importance de préserver les habitats se retrouve aussi dans le retour des tapirs, réintroduits dans une réserve brésilienne restaurée par un couple.
Depuis, plus aucune observation connue n’a été recensée. Tout porte à croire que la salamandre dorée préfère rester cachée, loin des regards curieux…
