Sur l’île de Lundy, située dans le canal de Bristol (Royaume-Uni), les rats ont semé le chaos parmi les oiseaux marins durant des décennies.
Alors que certaines espèces d’oiseaux comme le macareux moine et le puffin des Anglais étaient au bord de l’extinction, un projet de grande envergure a pu inverser la tendance dramatique qui se profilait.
Les oiseaux marins au bord de l’extinction sur l’île de Lundy
En 2006, l’île de Lundy a été officiellement déclarée « exempte de rats ». Tout n’était pas gagné quand la population de puffins des Anglais s’élevait à peine à 600 individus en 2001. Et que dire des macareux moines qui étaient au bord de l’extinction à la même époque ? Selon le site de ITV, ils n’étaient que 13 en 2000.
Leur sort semblait scellé et beaucoup pensaient que ces deux espèces allaient définitivement disparaître. La faute à un terrible prédateur : le rat. Ce dernier a été introduit accidentellement sur l’île par des navires et autres naufrages, poursuit le média anglais.
Sauf que depuis, les rats noirs et surmulots (bruns) s’attaquaient aux oiseaux, aux oisillons et aux œufs nichés dans les terriers de l’île.
Un vaste programme pour éradiquer les rats de l’île
Groupe de Guillemot. Crédit photo : RSPB
Pour éviter le pire, le vaste programme d’éradication des rats, Lundy Seabird Recovery Project, a été mis en place entre 2002 et 2004 mené par la RSPB, Natural England, le National Trust et le Landmark Trust.
Ces organismes ont mis en place 2 100 stations d'appâtage sur l’île de Lundy, tous les 50 mètres. Il s’agissait de tubes en plastique conçus pour limiter l’accès des autres animaux, tels que les lapins et les oiseaux, afin de les protéger. Les rats pouvaient s’y introduire. Dans ces tubes ondulés, les agents de conservation ont placé des raticides.
Le programme a officiellement pris fin en 2004 après deux années à surveiller la population de rats. Il a fallu attendre 2006 pour que l’île soit enfin déclarée exempte de ces prédateurs.
Les populations d’oiseaux marins ont bondi depuis 20 ans
Crédit photo : RSPB
Depuis l’éradication des rats il y a 20 ans, la population d’oiseaux marins a bondi sur l’île de Lundy. Aujourd’hui, les organisations de protection de la faune affirment que l’île abrite plus de 40 000 oiseaux marins (macareux, petits pingouins et guillemots). Il s’agit du nombre le plus élevé enregistré depuis les années 1930, complète encore ITV.
Les résultats sont éloquents : la population des puffins des Anglais est passée de 600 individus en 2001 à plus de 25 000 aujourd’hui. 95 % de ces oiseaux d’Angleterre viennent se reproduire sur l'île de Lundy. Quant aux macareux moines, autrefois au nombre de 13, ils étaient 1 335 individus selon le recensement effectué en 2023, après la fin du programme d’éradication des rats.
« Les résultats ont dépassé tout ce à quoi nous nous attendions ; nous espérions constater des effets positifs, car nous savions que nous éliminions une menace réelle pour ces oiseaux, mais l’ampleur de cette augmentation a surpassé nos attentes », s’est réjouie Helen Booker, responsable principale de la conservation au sein de la RSPB.
Grâce à ce programme de conservation, les populations d'oiseaux marins ne cessent d’augmenter sur l’île de Lundy. De ce fait, l’endroit attire les visiteurs en nombre (familles, écoles, passionnés…). Sur l’île Lady Elliot aussi, la restauration du milieu a favorisé le retour des oiseaux marins.
