Impuissants face à l'hécatombe qui frappe leurs ruches, des apiculteurs envoient des cadavres d'abeilles à Emmanuel Macron

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Préoccupés et impuissants face à l'hécatombe qu'ils subissent, des apiculteurs envoient des cadavres d’abeilles à Emmanuel Macron pour l’alerter sur le sort dramatique des pollinisateurs.

Chaque jour qui passe, des dizaines de millions d’abeilles meurent dans le monde. Une hécatombe sans précédent qui pourrait avoir de très graves conséquences à l’avenir car, avec la disparition de ces pollinisateurs, c’est tout un écosystème qui s’en trouve menacé.

Attribué le plus souvent aux pesticides, ce « syndrome d'effondrement des colonies d’abeilles » est un phénomène récent qui touche de nombreux pays à commencer par la France. On estime ainsi que les pertes quotidiennes dans les ruches françaises équivalent à l'ensemble de la population, soit près de 70 millions de décès toutes les 24 heures. Un chiffre colossal !

L’heure est grave et la sauvegarde des abeilles doit être une priorité. Pourtant, aucune politique en ce sens n’a jusqu’à présent été plébiscitée dans l’hexagone.

« Si les abeilles votaient, sachez que votre électorat disparaîtrait toutes les 24 heures »

Témoins privilégiés de ce dramatique déclin, des apiculteurs ont donc décidé de taper un grand coup de poing sur la table en alertant directement Emmanuel Macron quant à l’urgence de la situation.

Et pour se faire, rien de tel qu’une action forte et symbolique ! Ces derniers ont en effet décidé d’envoyer des cadavres d’abeilles par la poste au chef de l’État, ainsi qu’à plusieurs de ses ministres.

Crédit photo : Syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées

Cette initiative est à mettre au crédit d’Olivier Fernandez, président du Syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées, lequel a adressé une lettre au président, le 20 mai dernier.

« Si les abeilles votaient, sachez que votre électorat disparaîtrait toutes les 24 heures. L’idée est angoissante, non ? Mais pas de panique, elles ne votent pas. Elle ne volent même plus. Non. Leur dernier voyage, elles le feront par courrier, dans une petite enveloppe qui leur servira de linceul. », peut-on lire ainsi dans ce courrier envoyé à l’Élysée mais aussi à Matignon et Place Beauvau.

M. Fernandez et l’ensemble des apiculteurs solidaires de ce « coup de gueule » réclament en priorité la fin du glyphosate et davantage d’informations quant aux dégâts véritables des pesticides en France. Ils demandent également des aides pour les agriculteurs biologiques et les apiculteurs sinistrés ou encore l’éradication des frelons asiatiques, destructeurs d’abeilles…

« Dans ce contexte d’inaction et de surmortalité des abeilles, vous avez même eu l’initiative d’autoriser des dérogations à l’interdiction d’utiliser des insecticides néonicotinoïdes (tueurs d’abeilles), le 7 mai dernier, sur la figue, la noisette et le navet. Nous avons donc décidé de vous envoyer, à chacun, ces abeilles mortes qui s’accumulent chaque jour sur notre territoire. Après tout, elles ne sont plus de notre responsabilité », conclu Olivier Fernandez.

Le message sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr !

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