Pour la Corée du Nord, la guerre est officiellement déclarée avec les États-Unis

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Inquiétante escalade des tensions entre Donald Trump et Kim Jong-un : la Corée du Nord accuse Washington de lui avoir déclaré la guerre, et a affirmé s'apprêter à prendre les mesures nécessaires en conséquence.

Face à un message publié par Donald Trump sur Twitter, le ministre des affaires étrangères Ri Yong-ho se dit prêt à abattre des bombardiers américains croisant trop près de son sol, et affirme se réserver le droit d'engager le feu sur les appareils « même si ces derniers ne violent pas [son] espace aérien ».

Ri Yong-ho fait référence à une série d'événements survenus un peu plus tôt ans le mois : vendredi 15 septembre, la Corée du Nord avait effectué un tir de missile au-dessus du Japon, déclenchant les sirènes d'alarme dans l'archipel nippon. En réaction, des bombardiers américains avaient été envoyés titiller les frontières de l'espace aérien Nord-Coréen, dans la volonté manifeste d'établir une claire démonstration de force.

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L'histoire aurait pu en rester là, sans ce tweet fatidique : « Je viens d'entendre le discours du ministre de Corée du Nord à l'ONU. S'il dit ce que pense Petit Bonhomme aux Missiles, ils n'en auront plus pour très longtemps ! »

Un message en 140 caractères, qui vaut déclaration de guerre pour Pyongyang :

« Le monde entier se souviendra que c'est les États-Unis qui nous ont déclaré la guerre en premier », a déclaré Ri Yong-ho à la presse. « Puisque les États-Unis nous déclarent la guerre, nous aurons tous les droits de prendre des contre-mesures, comme descendre les bombardiers stratégiques US, même s'ils ne sont pas dans les limites de notre espace aérien. »

Pour rappel, la péninsule coréenne n'est toujours pas en situation de paix à l'heure actuelle. Depuis les années cinquante et la guerre de Corée, seule une armistice, et non un traité de paix, permet de maintenir de façon fragile le cessez-le-feu, et de conserver une situation de statu quo entre les deux régimes. Une seule étincelle pourrait donc suffire à remettre le feu à la poudrière, ce qui inquiète bon nombre d'analystes internationaux.

Malgré sa situation isolée, le Royaume Ermite reste une menace à prendre au sérieux : la Corée du Nord est aujourd'hui considérée comme étant la 4e plus grande puissance militaire du monde, en termes d'effectifs.

Donald Trump et Kim Jong-un, aisvector / Shutterstock

À quoi faut-il s'attendre en cas de guerre ouverte entre les États-Unis et la Corée du Nord ?

« Les Nord-Coréens possèdent entre deux et trois semaines de réserves de munitions, carburant, nourriture, etc. pour tenir une guerre. C'est tout ce qu'ils ont, » explique Bruce Bechtol, ex-analyste du pentagone, à la BBC. « Ce que ça veut dire, c'est qu'ils doivent accomplir tous leurs objectifs [militaires] pendant ce court laps de temps, parce qu'après ça, ils n'auront plus rien du tout. »

Des contraintes dont Kim Jong-un est parfaitement conscient. David Maxwell, vétéran de l'armée américaine, pense que cette guerre-express résulterait en d'énormes pertes humaines, environ 400 000 victimes civiles et militaires en une seule semaine: « Si j'étais un commandant Nord-Coréen, je libérerai toute la puissance de frappe de mon artillerie pour infliger le plus de morts et de destruction au Sud que possible, et dans les premières heures, il y aurait littéralement des centaines de milliers de missiles qui seraient tirés en direction de Séoul. »

Une telle attaque conduirait inévitablement à une réponse de la part du Sud, et à une réaction totale de la part des États-Unis. S'il semble clair que le régime de Pyongyang, isolé du reste du monde et assiégé économiquement ne serait pas en mesure de tenir le rythme d'une guerre totale, et qu'un manque de ressource le conduirait à une défaite rapide, cela ne le rend pas moins dangereux pour autant. Au contraire : en désespoir de cause, Kim Jong-un pourrait, tel un animal acculé, se résoudre à employer la force nucléaire. Cela entrerait alors dans l'Histoire comme étant la première attaque nucléaire du monde, depuis les bombardements de Hiroshima et Nagasaki par les forces américaines, 6 et 9 août 1945.

Bruce Bechtol essaye de décrypter ce qu'une guerre ouverte entre les deux Corées signifierait pour le monde : « Lorsque la guerre commencera à tourner au vinaigre pour [la Corée du Nord], la plupart de leurs unités se disloqueront. Et quand leur armée commencera à s'effondrer, ce sera une désescalade très, très rapide. En sachant ça, quelle raison auraient-ils de ne pas avoir recours à leur armement nucléaire, et d'emporter plusieurs centaines de milliers d'Américains dans la tombe avec eux ? »



Invité ce mercredi matin sur les ondes de Bourdin Direct, Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a confirmé les inquiétudes suscitées par l'escalade des tensions entre Pyongyang et Washington :

« On vit une situation de gravité, de tension dans beaucoup de régions, comme nous n'en avons pas connu depuis la fin de la Guerre Froide » avant de rajouter que « le monde vit une période dangereuse. »

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