Nice : la reconnaissance faciale va être testée sur la voie publique

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« Big brother » vous regarde ! Pour la première fois en France, un tout nouveau dispositif de vidéosurveillance à reconnaissance faciale va être testé dans les rues de Nice (Alpes-Maritimes), sur la base du volontariat, lors du 135e carnaval de la ville qui a lieu en ce moment.

Disposant déjà d’un système de vidéosurveillance muni de plus de 1 200 caméras, la municipalité de Nice entend désormais passer à la vitesse supérieure, en expérimentant un dispositif de reconnaissance faciale sur la voie publique. Une première.

La ville de Nice va tester la reconnaissance faciale sur la voie publique à l’occasion du carnaval. Crédit photo : aodaodaodaod / Shutterstock

Un millier de volontaires participeront à l’expérimentation

L’expérimentation aura lieu à l’occasion du traditionnel carnaval de la ville (du 16 février au 2 mars 2019), dont le coup d’envoi a été donné samedi.

Réputé dans le monde entier, l’événement rassemble chaque année des centaines de milliers de spectateurs du côté notamment de la célèbre promenade des Anglais, laquelle fut le théâtre d’un attentat meurtrier de sinistre mémoire, le 14 juillet 2016.

C’est lors d’une conférence de presse donnée ce lundi que la maire LR Christian Estrosi a annoncé la tenue de ce test qui sera effectué à parti de 6 caméras déjà installées dans les rues de la ville. Le système sera expérimenté durant deux jours et sur des personnes qui se sont portées volontaires au préalable.

Le maire de Nice Christian Estrosi. Crédit photo : French Riviera PhotoStock / Shutterstock

Plusieurs scénarios seront ainsi testés, parmi lesquels la perte d’un enfant dans la foule ou encore la surveillance et l’identification d’une personne suspecte recherchée.

Un millier de volontaires participeront donc à l’expérimentation et accepteront d’être soumis au système de reconnaissance. Les personnes non volontaires auront quant à elle le visage flouté sur les images de vidéosurveillance. Baptisé AnyVision et développé par l’entreprise de sécurité monégasque Confidentia, le logiciel utilisé permet « de reconnaître quelqu’un même si la photo a trente ans », mais aussi de confondre une personne filmée de profil.

La CNIL regrette « l’urgence dans laquelle ses services ont été sollicités »

Notons que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) n’a pas eu à donner son accord pour cette expérimentation. Une autorisation de ce type n’est en effet plus obligatoire depuis l’entrée en vigueur, le 25 mai 2018, du Règlement général pour la protection des données (RGPD) des pays membres de l'UE.

La CNIL a toutefois regretté « l’urgence dans laquelle ses services ont été sollicités », n’ayant été prévenu qu’un mois avant le lancement de l’opération. Elle a par ailleurs exigé qu’un « bilan de cette expérimentation » lui soit remis 2 mois après la fin du carnaval.

Enfin, la Commission a tenu à rappeler qu’un tel système de surveillance sur la voie publique ne pouvait être prolongé « au-delà du simple test », car il n'existe pas encore de loi relative aux « dispositifs de reconnaissance faciale » dans la législation actuelle.

Source : Le Monde
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