La découverte d'un crâne de 13 millions d'années permet d'en savoir plus sur l'évolution des grands singes

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Les crânes dévoilent encore leurs mystères des années après leur découverte ! Une analyse, publiée ce mercredi 9 août dans la revue Nature, dévoile que le crâne retrouvé en 2014 sur le site de Napudet, au Kenya, date d'il y a 13 millions d’années. Une incroyable découverte qui permet d'éclairer un peu plus les origines des grands singes.

Il aura fallu 3 ans pour que les analyses soient réalisées ! En 2014, John Ekusi avait repéré une étrange pierre qui dépassait du sol. Après avoir appelé Isaiah Nengo, une paléoanthropologue, ils décident de la sortir et découvrent qu'il s'agit d'un crâne. La paléoanthropologue Brenda Benefit décrit cette nouvelle comme : « la découverte d’un fossile extrêmement rare, dont je n’ai jamais pensé qu’elle serait faite au cours de mon existence ». Cette espèce, très proche de celle qui a donné naissance à l’homme, était encore inconnue jusqu’à présent, et a été baptisée Alesi. Cette espèce fait partie du genre des Nyanzapithecus qui vivait pendant le Miocène (entre 23 millions et 5 millions d’années).

Crédit photo : Nature

À cette époque, la région était une forêt équatoriale dense, et se prêtait mal à la fossilisation comme l’explique Paul Tafforeau, coauteur de l’étude : « le sol est souvent très acide et les os, s’ils ne sont pas enterrés rapidement, disparaissent en peu d’années. Il est donc exceptionnel d’avoir un crâne complet de cette époque ». Aucun crâne n’avait été retrouvé, seuls des petits ossements ou des dents, alors que la période a connu de nombreuses espèces de grands singes, dont les descendants sont les orangs-outans, les gorilles mais aussi les humains ! Malgré son aspect quelque peu déformé, l’étude du crâne va permettre de le placer dans le buissonnement d’hominidés de cette époque.

Crédit photo : Nature

Pour découvrir tous ces secrets, les chercheurs ont eu recours au synchroton de l’ESRF (Installation européenne de rayonnement synchrotron) qui permet de voir au cœur de la matière et d’obtenir des images en trois dimensions. Chaque jour, une infime couche d’émail et dentine est observée. Après avoir observé l’oreille interne et les germes de dents définitives, ils pensaient avoir trouvé l’ancêtre des gibbons, mais l’étude de l’oreille interne a permis de montrer des différences : « Chez les gibbons, qui font des mouvements rapides et complexes lorsqu’ils se balancent de branche en branche et des bonds de plusieurs mètres dans les arbres, comme des Tarzan sans lianes, ces canaux sont très développés. Mais notre petit primate a l’oreille interne typique d’un grand singe classique ».

Crédit photo : Nature

C’est grâce à des algorithmes qui utilisent et construisent des «arbres généalogiques», qu’ils ont pu placer le spécimen dans la famille des grands singes. Suite aux analyses, ils ont pu déterminer que le singe est mort à 16 mois : « elle permet de faire des comparaisons avec les primates actuels au même âge ». De même, l'étude révèle que l'origine du groupe de primates est bel et bien l'Afrique : « On se doutait que l’origine du groupe était en Afrique mais ce fossile permet de montrer que l’évolution principale du groupe est bien restée sur ce continent. Cela invalide en grande partie une théorie dite du 'ticket aller-et-retour', c’est-à-dire le fait que le groupe des hominidés serait apparu en Afrique, aurait évolué en Asie et serait revenu en Afrique après ».

D’autres études vont encore être menées lors des prochaines années, pour en apprendre plus sur cette espèce, 13 millions d’années après !

Source : Nature
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