Un procès pour « atteinte sexuelle » et non « viol » sur une enfant de 11 ans fait débat sur la question du consentement

Aujourd’hui, un procès pour «atteinte sexuelle» sur une mineure âgée de 11 ans, révélé par Mediapart, fait l’objet d’un grand débat sur la question du consentement.

En effet, pourquoi « atteinte sexuelle » et pas « viol » comme le réclame la famille de la fillette. Selon le parquet de Pontoise, qui a statué sur la qualification de ce procès, l’enfant n’avait pas manifesté de désaccord au moment des faits (deux relations sexuelles), face à un homme âgé de 28 ans.

Les faits remontent au 24 avril dernier : Sarah, 11 ans, sort plus tôt du collège et prend le chemin de son domicile. Selon sa mère, un homme l’aborde avec « un ton rassurant, affable, aimable, rien qui n’incite à la méfiance ». La fillette assure avoir montré son carnet de correspondance à l’homme, confirmant son âge mais l’homme nie ce fait, pensant qu’elle avait entre 14 et 16 ans.

L’homme complimente la fillette et lui propose de lui apprendre « à embrasser ou plus », sans violence. Sarah suit alors l’homme jusqu’à chez lui. « Elle était tétanisée, elle n’osait pas bouger de peur qu’il la brutalise » estime la mère de Sarah. L’homme exige alors une fellation puis la pénètre, sans qu’elle ne se débatte. En sortant, Sarah appelle sa mère « complètement désespérée » et estimera plus tard que son agresseur lui a « retourné le cerveau ».

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En entendant ces faits, le parquet de Pontoise n’a donc pas estimé qu’il s’agissait de viol, qui est caractérisé par la violence, la menace ou la surprise, ou à une agression sexuelle sans pénétration. L’âge de la majorité sexuelle est fixé à 15 ans en France, en référence à l’âge de la puberté. En-dessous de 15 ans, toute relation sexuelle avec un majeur équivaut à une «atteinte sexuelle», même si le mineur est consentant.

Seulement voilà, ce procès pour « atteinte sexuelle sur une mineure de 15 ans » met en lumière le vide juridique sur la question du consentement en France. En effet, il n’existe pas de présomption d’absence de consentement fixée à un âge précis pour les enfants.

Au procès, qui a eu lieu cet après-midi, l’avocate de Sarah, Me Carine Diebot, espérait obtenir une requalification des faits en viol: « Beaucoup de magistrats n’ont pas été formés à ces questions et ne connaissent pas les mécanismes du cerveau lors d’un viol. La sidération et la dissociation conduisent à l’anesthésie. (…) L’agresseur n’a pas pu se méprendre sur le rejet et la détresse de Sarah » indique-t-elle à Mediapart.

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Au sujet de l'auteur :

Journaliste et expert des médias digitaux avec plus de 15 ans d'expérience, Jeremy Birien collabore avec la rédaction de Demotivateur depuis plus de 10 ans. Diplômé de l'ISFJ avec un Master en Journalisme (Bac +5), il a forgé son expertise au sein de médias leaders tels que Melty et Jellysmack. Spécialiste des nouveaux formats d’information et ambassadeur voyage, il apporte son regard acéré et sa rigueur éditoriale pour décrypter l'actualité, les tendances de société et l'évasion. Son parcours académique et sa maîtrise historique de la ligne éditoriale de Demotivateur garantissent aux lecteurs une information vérifiée, pertinente et de haute qualité.