Une ancienne mégalopole maya découverte sous une jungle au Guatemala grâce à l'imagerie laser

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Pas moins de 2000 km2 : telle est la superficie de la cité maya qui vient d’être découverte par un groupe d’environ trente chercheurs dans le nord du Guatemala, sous la jungle du département du Petén.

National Geographic rapporte que la cité en question représente précisément un réseau de villes interconnectées qui aurait pu abriter des millions d’habitants il y a maintenant des siècles ! La revue va jusqu’à parler de véritable « mégalopole antique ».

La technologie LiDAL utilisée par les chercheurs serait une révolution semblable à ce qu'a pu être le télescope Hubble pour l'astronomie. Crédit photo : National Geographic


Les chercheurs parlent d’une percée phénoménale dans le monde de l’archéologie : Plus de 60 000 maisons, palais, fermes, fortifications et routes ont été découverts dans le Petén, ainsi que d’autres constructions humaines, vieilles de plusieurs siècles.

Ce sont bien plusieurs villes interconnectées qui viennent d’être mises en lumière grâce à des scans lasers ; une technologie connue sous le nom de LiDAR, pour Light Detection and Ranging (détection et estimation de la distance par la lumière). 

À présent, c’est toute une population précolombienne, visiblement plus fructueuse et étendue que tout ce que les spécialistes avaient imaginé qui s’offre au champ de la recherche et de l’exploration :


« Les images LiDAR rendent évident le fait que la région entière était en réalité une installation dont l’échelle et la densité de population ont été grandement sous-estimées », affirme ainsi Thomas Garrison, archéologue de l’université d’Ithaca, spécialisé dans l’archéologie aidée par la technologie digitale.



Francisco Estrada-Belli, archéologue de l’université de Tullane, concède cependant que si cette technologie est révolutionnaire et constitue l’équivalent archéologique du télescope Hubble, il faudra une centaine d’années pour analyser et vraiment comprendre l’intégralité des données glanées grâce au LiDAR. Pour l’heure, des routes en hauteur ont été découvertes : celles-ci étaient utilisées pour le commerce et garantissaient une libre circulation des marchandises, même en cas de fortes pluies et d’inondations qui auraient rendu les voies terrestres traditionnelles impraticables.

Les images LiDAR permettent de visualiser la cité comme elle pouvait l'être à l'époque. Crédit photo : National Geographic

National Geographic affirme que les Mayas, à l'apogée de leur époque Classique (entre 250 et 900 après J.-C.), occupaient près de deux fois la taille de l’Angleterre médiévale, mais avec une densité de population incroyablement plus grande. Selon les nouvelles estimations des chercheurs, 10 à 15 millions de personnes auraient vécu dans cette zone au point culminant de la civilisation maya.

Les archéologues déplorent toutefois que si ces découvertes sont nouvelles pour eux, elles ne le sont malheureusement pas pour les pillards de notre époque qui ont déjà creusé par endroits pour s’emparer de ce qu’ils ont pu trouver. En outre, le Guatemala perd chaque année 10 % de ses forêts. Les chercheurs espèrent donc que la valorisation de ces terres entraînera une prise de conscience amenant à une protection de celles-ci.

Archéologie Maya National Geographic
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