Un continent de déchets plastiques dans l’océan Pacifique
On en entend souvent parler dans les médias, pourtant son origine reste inconnue. Le vortex de déchets du Pacifique Nord est considéré comme le 7ème continent. On estime sa superficie à 1,6 millions de kilomètres carrés, soit 3 fois la taille de la France, selon le National Geographic.
D’après les scientifiques, le vortex est composé de dizaines de milliers de tonnes de déchets plastiques au niveau du gyre subtropical du Pacifique Nord (là où se trouvent des courants marins). Dès lors, on pourrait penser que cette accumulation de plastique provient des populations côtières des environs. Cependant, il n’en serait rien.
Six pays responsables de 92% des déchets plastiques dans le vortex du Pacifique Nord
Crédit photo : National Geographic
Une étude effectuée par le projet Ocean Cleanup et l’Université de Wageningen (Pays-Bas) a analysé 6000 objets prélevés dans le vortex. Leur but ? Déterminer, dans la mesure du possible, leur provenance. Pour ce faire, les chercheurs ont tenté d’identifier les étiquettes, les logos et symboles afin de déterminer la langue et éventuellement la provenance.
Leur étude a été publiée dans la revue spécialisée Scientific Reports. Le constat est saisissant puisque les résultats montrent que 92% des 232 objets identifiables proviennent de seulement six pays.
Crédit photo : The Ocean Cleanup
Le Japon arrive en tête de ce classement peu reluisant avec 33,6 % des déchets. On retrouve ensuite la Chine (32,3 %), la Corée du Sud (9,9 %), les États-Unis (6,5 %), Taïwan (5,6 %) et le Canada (4,7 %). Comme le précisent nos confrères de Science Post, tous ces pays pratiquent la pêche intensive dans cette partie du Pacifique Nord. D’ailleurs, 26 % des objets analysés étaient des objets de pêche tels que des bouées et flotteurs, comme en témoigne la photo ci-dessus.
Ainsi, grâce à cette étude, les scientifiques ont pu démontrer que les déchets plastiques du vortex sont dix fois plus susceptibles de provenir des activités de la pêche que des activités terrestres comme on le pensait jusqu’à présent. La mise en lumière de cette étude peut-elle entraîner des mesures pour limiter cette pollution plastique dans les océans ?
