Un peu partout dans le monde, des personnes s’efforcent de restaurer des terres endommagées. À chaque fois, le résultat est le même : la nature reprend ses droits. À Tokyo, 100 000 arbres ont été plantés à la main sur des champs et aujourd’hui s'y trouve une forêt de 70 hectares.
Au Niger, des paysans ont arrêté de couper les repousses dans leurs champs. Résultat : 200 millions d’arbres ont poussé. Une situation similaire a été observée en Angleterre sur des terres agricoles.
Une régénération naturelle commencée en 2005
Une étude menée par le professeur Carl Sayer de UCL, à Londres, a suivi l’évolution de la végétation de terres agricoles sur une parcelle de deux hectares située dans le nord du Norfolk (nord-est du pays) sur onze ans, de 2011 à 2022.
Comme l’indique la revue Restoration Ecology qui a publié l’étude, le terrain agricole appartient au père du chercheur, Derek Sayer, et co-auteur de l’étude.
La dernière mise en culture du terrain remonte à 2005. À part une fauche annuelle destinée à la production de foin, le terrain a été laissé à une régénération naturelle, explique le site de UCL.
Une terre agricole transformée naturellement en prairie de milliers d’orchidées
Crédit photo : Carl Sayer
Le résultat est une fois de plus saisissant. En l’espace de 10 à 15 ans, cette ancienne terre agricole s’est transformée en une prairie fleurie. On y retrouve désormais une multitude d’espèces rares au niveau local, parmi lesquelles l’orchis des marais, la laîche paniculée, la rhinanthe (crête-de-coq) et la petite centaurée.
Tous les deux à trois ans, Carl Sayer et son collaborateur Pete Robinson ont recensé les espèces végétales de la prairie. Ils ont ainsi observé que leur nombre avait doublé : elles étaient de 10 en 2011 à près de 20 en 2022. Surtout, ils ont remarqué que des milliers d’orchidées avaient poussé ainsi que de la rhinanthe.
C’est une excellente nouvelle puisque ces deux plantes sont le signe d’une restauration de prairie réussie.
Utiliser des processus écologiques pour restaurer des terres endommagées
Les résultats de cette étude montrent qu’utiliser des processus écologiques naturels permet de restaurer efficacement la biodiversité d’un lieu sans avoir recours à des mélanges de semences. Pour cela, les chercheurs peuvent compter sur la pollinisation des insectes et des animaux.
« Notre étude démontre ce qu’il est possible d’accomplir en associant des pratiques traditionnelles de fauche à la formidable spontanéité de la nature. Visiter cette prairie, c’est faire un véritable voyage dans le temps », se réjouit Carl Sayer.
Dans certains cas comme celui-ci, laisser la nature faire son travail (en lui donnant un petit coup de pouce de temps en temps) est le meilleur moyen de restaurer des terres afin que la biodiversité prospère.
