Le 17 mai 2006, la Marine américaine a volontairement coulé l’USS Oriskany, un navire de 270 mètres, au large de la Floride. Ce bateau a été mis en service en septembre 1950 et a été utilisé pendant les guerres de Corée et du Vietnam, avant d’être désarmé en 1976.
Si la Navy a coulé ce navire, c’est dans le but d’en faire un récif artificiel dans une zone quasiment exclusivement composée de sable, où l’on trouve très peu d’abris pour les espèces aquatiques. Les récifs artificiels sont des structures rigides qui sont volontairement placées au fond de l’océan pour créer un habitat pour la faune marine, comme cet habitat pour les poissons situé sous des plateformes pétrolières.
Le navire a été dépollué
Ainsi, ce navire connaît une seconde vie. Avant de le couler, des travaux de dépollution ont été effectués pour éliminer les matières toxiques et dangereuses et protéger l’environnement. Au total, trois ans de travaux ont été nécessaires, ainsi qu’un budget de 20 millions de dollars. Contrairement à ces 25 000 pneus qui ont été immergés pour attirer les poissons sans être dépollués, le navire n'est pas néfaste pour l'environnement. En Floride également, les pneus immergés pour créer un récif ont ensuite nécessité de longues opérations de retrait.
Le navire a coulé en 37 minutes et repose désormais sur sa quille au fond du golfe du Mexique. Selon l'Institute of Marine, il s’agit du plus grand navire jamais transformé en récif artificiel, qui a été baptisé le “Grand Récif des Porte-avions”.
“Des milliers de minuscules crabes recouvraient l’épave”
Rapidement, la faune marine s’est installée dans le navire et autour de la coque. Régulièrement, des plongeurs se rendent près de l’épave pour surveiller le navire et les poissons qui y ont élu domicile. C’est le cas de Bryan Clark, président de l’association Coast Watch Alliance qui œuvre pour la protection et le nettoyage de l’océan. Ce plongeur a visité l’épave environ 220 fois en dix ans. Sa première visite a été faite seulement une semaine après le naufrage du navire, et il en garde un étonnant souvenir.
“Je ne m’attendais pas à vraiment y voir beaucoup de poissons ou d’autres animaux sauvages, mais à ma grande surprise, il a dû y avoir une éclosion de crabes à ce moment-là, car des milliers et des milliers de minuscules crabes recouvraient l’épave, ce qui a attiré une multitude de poissons”, a-t-il expliqué.
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Un écosystème autour du navire
Au fil du temps, des plantes et des coquillages se sont fixés à l’épave et ont attiré des petits poissons, puis des plus gros. Aujourd’hui, tout un écosystème vit à cet endroit. On peut notamment voir des barracudas, des raies, des vivaneaux rouges, des mérous, des requins-tigres et des requins-marteaux autour de la coque du bateau.
Crédit photo : Josh Gay / YouTube
L’épave est devenue l’un des sites de plongée les plus prisés des États-Unis. S’il est possible d’accéder à la partie supérieure du navire à 25 mètres de profondeur, les plongeurs doivent avoir une formation technique et un équipement adapté pour accéder au pont d’envol, situé à environ 45 mètres de profondeur. Il est également demandé aux plongeurs de ne pas pénétrer à l’intérieur de l’épave.
Ce navire n’est pas le seul objet à avoir eu une seconde vie au fond de l’eau. C’est aussi le cas de plus de 700 voitures de métro new-yorkaises qui ont été installées au large des côtes du Delaware pour créer un autre récif et un abri pour la faune marine. Au fil du temps, l’épave de l’Oriskany finira par s’effondrer au fond de l’eau. Cependant, elle pourrait encore tenir plusieurs décennies et être toujours là à la fin du siècle, ce qui laisse le temps aux plongeurs curieux de la découvrir.
