Los Angeles déverse 96 millions de balles en plastique noires sur un réservoir pour sauver son eau : 11 ans plus tard, elles se détériorent et ne sont toujours pas remplacées

Le Los Angeles Reservoir a reçu à lui seul 96 millions de boules d'ombrage noires, soit 96 % de toutes les boules d'ombrage de la ville en raison de sa taille gigantesque de 70 hectares

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En 2015, la ville de Los Angeles a versé 96 millions de boules d’ombrage noires (shade balls) dans le plus grand réservoir d’eau afin de protéger la qualité de son eau. Onze ans plus tard, le projet pourrait bientôt arriver à échéance en raison de la durée de vie de ces boules.

Le bromate (BrO₃⁻) est un composé chimique principalement connu comme un sous-produit de la désinfection de l'eau. Il ne se trouve pas naturellement dans l'eau à des niveaux élevés, mais il se forme lors des processus de traitement de l'eau potable. Ainsi, les autorités mettent en place des opérations sanitaires sur le long terme afin de préserver la qualité de l’eau.

Des boules d’eau en plastique pour garder l’eau propre

En 2008, Los Angeles lance une première phase d’expérimentation dans le réservoir d’Ivanhoe, situé dans le quartier de Silver Lake. Elle y déverse 400 000 boules d’ombrage noires.

Les boules mesurent environ 10 cm de diamètre, sont fabriquées en polyéthylène haute densité et sont partiellement lestées d'eau pour ne pas s'envoler avec le vent. Elles bloquent le rayonnement solaire et réduisent l'évaporation de l'eau de 80 % à 90 %.

En bloquant la lumière du soleil, elles empêchent une réaction chimique entre le chlore et le brome présents dans l'eau, ce qui évite la formation de bromate, un composé chimique potentiellement cancérigène. L'obscurité créée en surface freine la photosynthèse, ce qui limite la croissance des algues et réduit la quantité de produits chimiques nécessaires au traitement de l'eau.

C'était le tout premier projet pilote pour tester l'efficacité du système contre le bromate. Le réservoir a depuis été définitivement mis hors service et remplacé par une structure souterraine.

96 millions de boules d'ombrage noires dans le plus grand réservoir d'eau de Los AngelesCrédit photo : PBS

96 millions de boules pour un seul réservoir

Outre Ivanhoe, les réservoirs d’Elysian, situé à Elysian Park en plein centre-ville, et Upper Stone Canyon, situé dans le quartier de Bel Air, ont été équipés respectivement en 2009 et 2012 de quelques millions de boules pour protéger leur eau. Comme prévu par les autorités sanitaires, ces boules temporaires ont été retirées et remplacées en 2019 par d'immenses bâches souples (des couvertures flottantes permanentes étanches).

Les réservoirs d'Ivanhoe, Elysian et Upper Stone Canyon sont beaucoup plus petits. Ils ont servi de terrains d'expérimentation bien avant le grand déploiement de 2015 avec le Los Angeles Reservoir. Ce dernier a reçu à lui seul 96 millions de boules d'ombrage noires, soit 96 % de toutes les boules d'ombrage de la ville en raison de sa taille gigantesque de 70 hectares. Cela a permis d'économiser environ plus d'un milliard de litres d'eau par an.

Bien qu'elles aient efficacement réduit l'évaporation, certaines études ont souligné que la fabrication de ces millions de sphères plastiques a nécessité, au départ, un volume d'eau et des ressources énergétiques supérieurs à ce qu'elles économisent sur leurs premiers mois d'utilisation.

96 millions de boules d'ombrage noires dans le plus grand réservoir d'eau de Los AngelesCrédit photo : LA Times

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Quel avenir pour ces boules ?

Déployées en 2015 avec une durée de vie estimée à une dizaine d'années, ces boules atteignent désormais leur fin de cycle de vie. Cependant, remplacer les boules par une couverture fixe sur une telle surface coûterait plus de 250 millions de dollars. Les boules d'ombrage demeurent ainsi la solution la plus économique à ce jour pour ce site spécifique.

Les boules qui se détériorent ou arrivent en fin de vie sont progressivement retirées pour être recyclées, le plastique (PEHD) ayant une valeur de valorisation. Bien que la ville n'ait pas encore publié de calendrier officiel pour un remplacement complet, les autorités étudient des alternatives à long terme. Parmi les pistes les plus populaires figure l'installation de panneaux solaires flottants (floating solar), qui permettraient à la fois de bloquer le soleil et de générer de l'électricité verte pour la ville.

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Jérémy Birien

Au sujet de l'auteur :

Journaliste et expert des médias digitaux avec plus de 15 ans d'expérience, Jeremy Birien collabore avec la rédaction de Demotivateur depuis plus de 10 ans. Diplômé de l'ISFJ avec un Master en Journalisme (Bac +5), il a forgé son expertise au sein de médias leaders tels que Melty et Jellysmack. Spécialiste des nouveaux formats d’information et ambassadeur voyage, il apporte son regard acéré et sa rigueur éditoriale pour décrypter l'actualité, les tendances de société et l'évasion. Son parcours académique et sa maîtrise historique de la ligne éditoriale de Demotivateur.

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