Les scientifiques pensaient qu’il avait quitté la France pour de bon. À leur grande surprise, ce rare insecte ressemblant trait pour trait à un bourdon a été de nouveau observé près de Paris, une première depuis 150 ans.
Cependant, reste une question : où était-il durant tout ce temps ? Les scientifiques l’ignorent mais travaillent d’arrache pied pour répertorier la biodiversité.
Un faux-bourdon observé à Paris, une première depuis 150 ans
À première vue, c’est un bourdon tout ce qu’il y a de plus normal. Mais en réalité, il s’agit d’un insecte rare observé en France pour la première fois depuis 150 ans, indique l’AFP.
Cet insecte que l’on croit connaître à cause de sa ressemblance frappante avec le bourdon est le Pocota personata. C’est en 2025 qu’il a été observé en région parisienne. C’est d’ailleurs le premier signalement du Pocota personata en France depuis un siècle et demi, complètent l’AFP et Phys.org.
Cette observation laisse les scientifiques pantois. Où était passé le Pocota personata durant tout ce temps ? Avait-il quitté la France pendant des générations avant de revenir ? Ou a-t-il toujours vécu ici sans être remarqué ?
Établir une base de données des insectes
Pour le moment, les scientifiques ne savent pas répondre à ces questions. D’ailleurs, il leur est difficile de savoir quelles espèces prospèrent et quelles espèces disparaissent.
« Nous savons que la biodiversité est en déclin, mais nous sommes parfois assez démunis lorsqu’il s’agit de le quantifier, en raison d’un manque crucial de données sur le suivi, actuel et passé, des espèces », explique à l’AFP Rodolphe Rougerie, qui dirige le projet de recherche sur la biodiversité, Dynabiod.
Pour tenter de remédier à ce problème, le Muséum national d’histoire naturelle et le Centre national de la recherche scientifique ont lancé en juin le projet Dynabiod. Il vise à bâtir la base de données la plus complète sur les plantes et les invertébrés de France.
Un travail minutieux pour recenser la biodiversité mondiale
Crédit photo : Sebastian Czech/ iStock
C’est un travail de longue haleine : les scientifiques collectent des insectes sur des sites répartis aux quatre coins de la France. Ils examinent leur ADN afin d’identifier les espèces, notamment celles que l’on pense disparues.
Mais aussi un travail difficile. Parfois, les ADN récoltés ne correspondent à aucune donnée existante, rendant l’identification de certains insectes impossible. Pour ce projet long mais ambitieux, les scientifiques peuvent compter sur l’aide d’amateurs et leur observation d’insectes. Cela dit, cela restreint les observations à des lieux accessibles, délaissant les zones moins exposées.
Le problème n’est pas exclusif à la France. Les chercheurs du monde entier se démènent pour recenser le plus d’espèces sur le globe. Malgré leurs efforts, évaluer la vitesse à laquelle la biodiversité évolue reste compliquée. Peut-être que le Pocota personata n’a en réalité jamais quitté le territoire français mais demeurait caché ?
