Un salarié en arrêt maladie court un marathon sous l'œil de détectives privés : la justice condamne son employeur à lui verser 60 000 €

L’employé d’une agence de voyages a participé à un marathon alors qu’il était en arrêt maladie. Pris la main dans le sac par des détectives privés, il est pourtant ressorti gagnant de son procès.

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Y-a-t-il de l’abus de la part de certaines personnes en arrêt maladie ? En général, il est recommandé à ces personnes de rester chez elles afin de se reposer et de se ménager selon leur pépin de santé.

Cependant, certaines en abusent et en profitent pour faire plein d’activités. C’est le cas de cette employée qui se sentait épuisée par le moindre effort et qui s’est fait prendre la main dans le sac en pleine compétition d’Hyrox. Et elle n’est pas la seule.

En arrêt maladie six mois après son embauche

Aux Pays-Bas, un homme s’est fait embaucher dans l’agence de voyages Prijsvrij en juillet 2024. Mais six mois plus tard, le nouvel employé s’est mis en arrêt maladie pour des troubles oculaires, rapportent RTL Nieuws et Capital.

Comme il l’avait expliqué au médecin du travail, il lui est impossible de conduire et de travailler face à un écran. Cela dit, il avait précisé continuer à pratiquer la course à pied quatre fois par semaine malgré son arrêt maladie.

Cette précision a fortement déplu à son entreprise qui a exigé qu’il revienne travailler auquel cas, elle le priverait de salaire et de sa voiture de fonction.

L’entreprise engage des détectives privés pour surveiller son employé

Détective privé dans une voiture avec un appareil photoCrédit photo : Elena Semenova/ iStock

Pour montrer sa « bonne volonté », Prijsvrij est revenue sur sa décision après que l’avocat de l’employé soit intervenu. Dans le même temps, des examens médicaux, réclamés par l’entreprise, ont montré que l’employé souffrait de myasthénie oculaire, une maladie auto-immune qui entraîne une faiblesse musculaire dans les yeux. Lorsque la myasthénie est généralisée, elle touche les muscles du visage, de la gorge et des muscles respiratoires.

Loin d’être convaincue par ce diagnostic, Prijsvrij a également engagé des détectives privés pour suivre leur employé. C’est ainsi qu’ils l’ont aperçu en train de participer au marathon de Rotterdam en avril dernier et qu’il a bouclé en moins de 3h30.

Devant ce constat, Prijsvrij a engagé une procédure de licenciement et évoqué une rupture de confiance.

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Le tribunal condamne l’entreprise à 60 000 euros d’indemnités

L’employé ne s’est pas laissé faire et a contesté la procédure devant un tribunal. Il a rappelé qu’il n’avait jamais caché ses sorties de course à pied à son employeur. Finalement, le tribunal de Rotterdam a donné raison à l’employé.

Le juge a déclaré que l’employé avait le droit à son salaire car il avait été honnête. Par ailleurs, le tribunal a considéré sa surveillance par des détectives privés de « mesure injustifiée portant une atteinte disproportionnée à sa vie privée » et à celle de sa famille.

Prijsvrij a donc été condamnée à verser 60 000 euros d’indemnités à son employé en plus de 3000 euros de salaire de retard et 5000 euros de frais de justice.

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Camille V.

Au sujet de l'auteur :

Titulaire d'un Master en Communication/Cinéma, Camille V. est journaliste spécialisée dans les intersections entre culture et écologie. Auteure d’un mémoire remarqué sur la Cli-fi (Climate Fiction) au cinéma, elle décrypte pour Demotivateur l'actualité du divertissement (films et séries) sous un angle sociétal et environnemental. Passionnée par l'art et la protection animale, elle apporte une expertise académique et critique à la rédaction de ses dossiers.

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