C'est un procès très attendu qui s'est ouvert ce lundi 6 juillet, devant la cour d'assises de Paris.
Accusé d'avoir étranglé puis démembré son épouse Assia, avant de dissimuler des morceaux de son corps dans un parc parisien, Lakdhar Matoug est jugé aujourd'hui pour meurtre par conjoint. Âgé de 53 ans, ce dernier, qui a reconnu les faits, tout en soutenant la thèse d'un accident, risque la prison à vie.

Crédit photo : iStock
Lakdhar Matoug, 53 ans, jugé pour avoir étranglé et démembré sa femme
L'affaire avait débuté en février 2023 lorsque des employés municipaux de la ville de Paris avaient retrouvé un corps féminin démembré, ainsi que des morceaux dans des sacs disséminés aux autres coins du parc des Buttes-Chaumont, dans le 19ᵉ arrondissement de la capitale. Des restes appartenant à une certaine Assia Matoug, 46 ans, mère de 3 enfants.
Dans la foulée de cette macabre découverte, le mari de la victime, Lakhdar Matoug, qui avait signalé la disparition de sa femme auparavant, était arrêté par la police. Lors de son interrogatoire, cet employé de supermarché était passé aux aveux en affirmant néanmoins aux policiers que la mort de son épouse résultait d'un accident, suite à une dispute liée aux finances familiales. Sur ces indications, les restes manquants de la dépouille d'Assia avaient par ailleurs été retrouvés dans des sacs-poubelle, dissimulés dans une friche industrielle à Bobigny.
Crédit photo : iStock
Lakhdar Matoug avait notamment raconté aux enquêteurs qu’il avait étranglé sa femme dans leur appartement pour « la faire taire, vu qu’elle criait », mais qu'il n'avait en aucun cas « voulu la tuer », ni même « lui faire du mal », selon l'AFP.
Après avoir fait croire à ses enfants qu'Assia se reposait alors qu'elle était déjà morte dans le canapé du salon familial, Lakhdar Matoug avait ensuite déplacé son cadavre, puis l'avait découpé avant de se débarrasser des restes et de simuler sa disparition.
La thèse de l'accident a toujours été réfutée par la famille de la victime qui s'est constituée partie civile dans ce procès.
« L’instruction a permis d’établir qu’Assia avait été tuée par étranglement,après avoir subi de nombreuses violences, et avant d’être découpée méthodiquement. La thèse accidentelle avancée par le mis en cause est grotesque », avait rappelé, l'an dernier, Me Pauline Rongier, avocate de plusieurs proches d'Assia, lors de la mise en accusation de Lakhdar Matoug.
La défense de ce dernier avait également été mise à mal par des rapports d'autopsie qui avaient révélé de nombreuses ecchymoses et hématomes sur différentes parties du corps. Des marques suggérant des chocs et des coups violents portés à la victime avant son décès. Enfin, deux membres de la famille d'Asia avaient raconté aux policiers que cette dernière s'était confiée à eux, sur ses craintes d'être étranglée un jour.
Alors que son procès doit se tenir jusqu'au vendredi 9 juillet, Lakhdar Matoug, dont les enfants ont tous été placés, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
