Pendant près de deux ans, Eva a vécu avec cette question en tête : où est passé Obi ? Son chat, adopté en 2017, s'était volatilisé un jour de mai 2024, par une fenêtre laissée entrouverte à son domicile de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle. Les recherches n'ont rien donné. Ni les appels dans le quartier, ni les jours passés à guetter une silhouette familière au bout de la rue.
Puis le téléphone a sonné, le 23 janvier 2026.
Un appel d'un vétérinaire situé à 9 kilomètres de chez elle
Au bout du fil, un vétérinaire installé à Einville-au-Jard, une petite commune du Lunévillois. Un chat venait de lui être présenté, et la lecture de sa puce électronique avait parlé : il s'agissait bien d'Obi. « Quand on m'a dit que Obi était en vie, j'ai fondu en larmes », a raconté Eva à L'Est Républicain, qui a révélé cette histoire.
Le félin n'avait donc jamais quitté le secteur. Neuf kilomètres séparent Einville-au-Jard de Lunéville, une distance dérisoire au regard des vingt mois écoulés.
Une gendarme l'avait recueilli sans savoir à qui il appartenait
C'est à une habitante d'Einville-au-Jard, gendarme de profession, qu'Obi doit son retour. Elle avait remarqué l'animal, l'avait recueilli chez elle, puis avait fait le réflexe qui a tout changé : l'emmener chez un vétérinaire pour vérifier s'il était identifié. Il l'était.
En France, l'identification est obligatoire pour tous les chats nés après le 1er janvier 2012, avant leur cession et au plus tard à l'âge de sept mois. Une formalité que beaucoup de propriétaires considèrent comme administrative, et qui reste pourtant le seul moyen fiable de relier un animal errant à sa famille, des mois voire des années après sa disparition.
Un chat qui avait déjà frôlé le pire
Ce n'était pas la première épreuve pour Obi. Eva et lui formaient un duo particulièrement soudé depuis l'adoption. Ils partaient ensemble en randonnée, et le matou avait même appris le rappel, un apprentissage rare chez un chat.
En 2020, ils avaient quitté Bourg, en Haute-Marne, pour s'installer chez le compagnon d'Eva à Lunéville. C'est dans ce nouveau cadre qu'une de ses sorties en solo avait mal tourné. Il était rentré l'abdomen déformé, la toux inquiétante. Le vétérinaire avait diagnostiqué une perforation du diaphragme, avec des organes remontés dans la cage thoracique. Le type de lésion qui laisse penser à un violent coup de pied. Obi avait été mis sous oxygène, opéré, hospitalisé, puis il était rentré à la maison. Quelques années plus tard, il disparaissait.
Le jouet qu'elle avait gardé
Aujourd'hui, Obi est soigné pour un coryza et devra être opéré d'une tumeur à l'oreille. Rien de tout cela ne semble l'empêcher de reprendre ses habitudes. Eva lui a rendu son jouet préféré, qu'elle avait soigneusement conservé depuis sa fugue. Le résultat ne s'est pas fait attendre : « il s'est remis à s'amuser avec comme avant », confie-t-elle.
Vingt mois d'absence, une puce électronique, un réflexe de bon samaritain. Il n'en aura pas fallu davantage.
