#Anti2010 : un mouvement de haine contre les collégiens nés en 2010 déferle sur les réseaux sociaux

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Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Anti2010 prend de plus en plus d’ampleur. Entre menaces, moqueries et dénigrement, les collégiens s’en prennent aux 6èmes, uniquement à cause de leur année de naissance.

Depuis la fin de l’été, le hashtag #Anti2010 est de plus en plus présent sur les réseaux sociaux, puisqu’il a déjà cumulé 40 millions de vues en quelques semaines. C’est notamment le cas sur TikTok, le réseau le plus populaire chez les jeunes générations.

Pourtant, ce hashtag est loin d’être amusant puisqu’il cible les jeunes nés en 2010, qui viennent d’entrer en classe de 6ème au collège.

#Anti2010 : du cyberharcèlement sur TikTok

Sur ce hashtag, on peut retrouver des moqueries, des menaces et des propos dégradants contre les collégiens nés en 2010, et ce uniquement à cause de leur année de naissance. On peut voir des internautes demander à ce que « les tenues vestimentaires les plus moches » des collégiens soient publiées, comme le montre la vidéo ci-dessous. De nombreuses références aux armes ou à la violence sont également présentes.

@tess_0505 les pépites des #2010 #outfitrentree2010 Beggin' - Måneskin

Cependant, ce harcèlement dépasse les réseaux sociaux et s’invite dans la cour de l’école.

« Les plus grands font revivre aux plus petits ce qu’ils ont eux-mêmes vécu, c’est sans fin et ça se répète tous les ans. Ce qui est terrible avec le harcèlement, c’est que ce sont des microviolences, parfois non visibles, mais qui peuvent traumatiser une vie. Une bousculade, une insulte, une tape, une humiliation qui sont permanentes, répétées, souvent commises par un groupe sur leur victime, c’est insupportable et destructeur », a affirmé Justine Atlan, directrice générale de l’Association e-Enfance.

Les 6èmes sont également dénigrés à cause du jeu Fortnite, car ils sont accusés d’avoir rendu le jeu désuet. Pendant l’été, le jeu Pop it a eu un grand succès chez les moins de 12 ans et une chanson a été faite sur le sujet. Cependant, les enfants n’osent plus sortir ce jeu au collège, de peur d’être critiqués et insultés.

« Ma fille craignait d’aller au collège car les enfants nés en 2010 seraient la cible d’insultes. Elle me dit que régulièrement, dans les couloirs, certains fredonnent la chanson Pop-it quand ils croisent un enfant né en 2010. Il est aussi arrivé, lorsqu’elle était assise sur un banc, que des grands se lèvent en disant : ''On ne veut pas de 2010 à côté de nous'' », a dénoncé une mère de famille.

Un harcèlement ciblé contre les 2010

À cause de ce mouvement, certains élèves sont inquiets à l’idée d’aller au collège. C’est également le cas des enfants qui n’ont pas accès à internet, mais qui savent cependant ce qu’il se passe.

« Ceux qui sont nés en 2010 se font insulter de tous les noms, a témoigné Jules, un élève de 5ème qui n’a pas internet. C’est arrivé à un garçon dans ma classe. Mon meilleur copain m’a dit qu’il en a même vu un se faire frapper en ville. C’est rare que ça aille jusqu’à la vie scolaire ou au CPE. Une fois, avec mon copain on voulait jouer au foot avec des 4èmes. Ils nous ont demandés si on n’était pas des 2010. »

Pour le moment, ce harcèlement scolaire ciblé est pris à la légère et n’alerte pas assez. Plusieurs groupes de parents d’élèves et associations souhaiteraient que le ministre de l’éducation nationale se penche sur le sujet. Certains aimeraient également que les réseaux sociaux soient davantage contrôlés, pour éviter le cyberharcèlement qui est de plus en plus présent.

« C’est révélateur de notre société où la haine est de plus en plus présente et s’affiche sur les réseaux sociaux. Les enfants reproduisent à leur échelle ce à quoi ils assistent. C’est très grave, on en vient à discriminer quelqu’un sur son année de naissance. Où va-t-on ? », a questionné Hugo Martinez, président de l’association Hugo! qui lutte contre le harcèlement scolaire.

Dans certains établissements, les proviseurs ont pris des mesures dissuasives en avertissant les parents d'élèves, en ajoutant des sanctions contre les harceleurs et en renforçant la surveillance.

Source : La Voix du Nord