Ce collège a trouvé le meilleur moyen de punir intelligemment les élèves turbulents, plutôt que de les exclure

Le collège Charcot, à Saint-Malo, a décidé de ne plus exclure les élèves qui adoptent un mauvais comportement. Plutôt que d’être renvoyés de l’établissement, les jeunes doivent faire des heures de bénévolat.

À Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, le collège Charcot a décidé de responsabiliser ses élèves. Ainsi, depuis l’automne 2023, les jeunes qui adoptent un mauvais comportement au sein de l’établissement ne sont plus exclus du collège mais partent en stage dans une association pour faire des heures de bénévolat. Selon Jean-Patrick Thierry, le principal du collège, c’est une façon de responsabiliser les élèves tout en luttant contre le décrochage scolaire.

Trois associations se sont portées volontaires pour accueillir des élèves en difficulté : la Banque alimentaire, l’épicerie solidaire de Saint-Malo ainsi que l’association Sports mer santé. Ces trois organismes ont accepté de signer une convention de partenariat avec le collège et la sous-préfecture de l’arrondissement de la ville, ce qui leur permet d’accueillir des élèves le temps d’une semaine.

“Ils nous accompagnent lors des tournées de ramasse chez les distributeurs, participent à la mise en rayons, l’étiquetage… On leur confie aussi la tenue de la caisse, permettant un contact direct avec les bénéficiaires. Tout se passe bien, ils sont ponctuels, intéressés, jamais ils n’ont refusé aucune tâche”, a confié Daniel Nivol, président de la Banque alimentaire de Saint-Malo.

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Du bénévolat et une prise de conscience

En plus des heures de bénévolat, les élèves entrent en contact avec l’association de défense et d’assistance des mineurs du pays de Saint-Malo et Dinan, qui propose un temps d’échange avec les jeunes. Ils peuvent parler avec un avocat, en savoir plus sur leurs droits et leurs devoirs et prendre conscience que certains actes et comportements peuvent engendrer des poursuites pénales. Comme l’affirme Philippe Brugnot, sous-préfet, ce contact peut provoquer “un électrochoc” chez les jeunes, “lorsqu’ils comprennent qu’un jour, à la place d’un professeur, ils pourraient se trouver face à un juge”.

Depuis le début de l’année, déjà deux élèves ont pu participer à ces heures de bénévolat. Pour le moment, aucun d’entre eux n’a encore travaillé avec l’association Sports mer santé, en raison des conditions hivernales. Cependant, les deux jeunes qui ont effectué un stage en tirent une expérience positive.

Lisa Guinot

Au sujet de l'auteur :

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