Des péages urbains bientôt mis en place à l'entrée des grandes villes ?

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L’avant-projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit l’installation de péages urbains à l’entrée des villes de plus 100 000 habitants.

C’est sur le site Contexte que l’on peut découvrir en détail les grandes lignes de la loi d’orientation des mobilités. En plus de l’instauration d’une carte crise obligatoire pour les vélos, le texte évoque également la mise en place de péages urbains aux abords des villes de plus de 100 000 habitants.

Cette mesure, appuyée par le gouvernement, entend « limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution » dans les grandes agglomérations. Le texte nomme ce péage urbain « tarif de congestion » qui sera perçu par l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM) à l’échelle locale. Par exemple, pour l’Île-de-France, il s’agira « d’Île-de-France Mobilités ».

Ainsi, c’est l’AOM qui sera chargé de définir le prix du péage et ses heures d’application, en fonction des villes. Le texte prévoit un plafond de 2,50 euros qui pourrait être multiplié par deux dans les villes de plus de 500 000 habitants comme Paris, Lyon et Marseille.

Des péages urbains vont bientôt être installés à l’entrée des grandes villes. Crédit image : Shutterstock / S-F

En outre, les véhicules dits « lourds » pourraient être soumis à un « coefficient multiplicateur au plus égal à 4, selon la catégorie du véhicule » indique le texte. Également, des forfaits pourraient être applicables, y compris la gratuité, pour les conducteurs « dont le domicile ou le lieu de travail est situé dans la zone soumise à tarif de congestion » ou aux véhicules d’intérêt général. Autre idée, celle du « téléservice » qui permettrait aux usagers de payer la somme avant d’atteindre le périmètre du péage urbain.

En tout cas, la mise en place de ces péages urbains aura pour but de réduire les embouteillages, d’augmenter l’utilisation des transports en commun et de lutter contre la pollution. Si elle semblait opposée à cette idée au départ, la maire de Paris, Anne Hidalgo, y serait finalement favorable selon Les Échos, à deux conditions : la mise en place de compensations (réductions du prix aux heures creuses, financement de la gratuité des transports en commun) et la nécessité d’un consensus au niveau du Grand Paris.

En revanche, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, serait totalement contre. Dans Le Parisien, elle confie ses doutes, expliquant que ses péages urbains aurait pour effet d’accroître la fracture sociale et territoriale : « Il y aurait d’un côté les Parisiens et métropolitains les plus riches. Et puis les autres, notamment les Franciliens les plus défavorisés. Ils sont déjà discriminés car ils ont souvent des véhicules anciens et n’ont pas la bonne vignette Crit’Air pour circuler dans Paris. Ce péage renforcerait leur sentiment d’exclusion ».

En tout cas, la formule du péage urbain a d’ores et déjà porté ses fruits à l’étranger, comme à Londres ou Milan. Par exemple, la capitale britannique applique un péage urbain depuis 2003 et les conducteurs de voitures les plus polluantes doivent payer une taxe de 10 euros par jour pour circuler dans le centre-ville.

À Rome, l’expérimentation a commencé au début des années 2000 et selon Alban Mikoczy, envoyé spécial de France 2, « la circulation a baissé de 30 à 35% dans le centre-ville » et « la pollution de l’air est moins importante » ajoutant que les villes italiennes en tirent «un bilan très positif» avec ces «ZTL» («Zones à trafic limité»).

Source : Contexte
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