Des pièges « cruels » à oiseaux bientôt légalisés avec l'appui de Nicolas Hulot

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La Ligue pour la protection des oiseaux se dresse contre un projet d’arrêté ministériel sur le piégeage des alouettes qui a été approuvé par le Ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. 550 000 alouettes pourraient être chassées cette année…

C’est sur son compte Facebook que la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dévoile le pot aux roses. Alors qu’en mars dernier, Nicolas Hulot s’indignait devant l’assemblée des « 30 % d’oiseaux en moins en quelques années », le ministre a donné son aval sur le projet d’arrêté ministériel sur le piégeage des alouettes. L’Objective de la missive est de maintenir pour la saison prochaine le quota annuel autorisé du piégeage d’alouettes.

550 000 alouettes pourront être capturées cette années Crédits : Shutterstock/Voodison328

Au nom de la « tradition », de nombreux pièges sont autorisés sur les oiseaux. Des pièges souvent non-sélectifs, touchant de nombreuses espèces, prospèrent dans nos campagnes aggravant la situation des oiseaux sauvages en France. Difficilement contrôlable, ce recours aux pièges est identifié par la LPO comme un « prétexte », potentiellement instrumentalisable « pour toutes les pratiques ».

« Lorsque la police de la nature arrive sur place, si jamais elle arrive, il est souvent trop tard. Et quand bien même, lorsqu’un pinson ou un chardonneret est pris et que le garde arrive, le piégeur a beau jeu de dire qu’il allait le relâcher » peut-on lire dans le communiqué de la LPO.

L’alouette une espèce en déclin

Ces pratiques autorisées de manière « traditionnelle » en France, sont interdites dans le reste de l’Union européenne. La France se justifie d’une « pratique ancrée dans la tradition » auprès des autres pays de l’union.

Les espèces visées par ces techniques sont les alouettes des champs, les grives, les merles noirs ainsi que les vanneaux huppés. Ces pièges, si cruels, sont d’une simplicité déconcertante et ne sont pas difficiles à se procurer. Les filets horizontaux, cages tombantes, ou encore de la glu complètent l’équipement du chasseur d’oiseaux.

370 000 alouettes peuvent être attrapées chaque année. Mais ces quotas, qui n’ont jamais été revus à la baisse, ont fait disparaître près de 30 % la population d’alouettes des champs. Évidemment, ces pièges ne sont pas la cause première de cette diminution, l’accélération des pratiques agricoles et l’utilisation de pesticides restent la première source de ce massacre.

« Les chasseurs ont déclaré n’avoir capturé que 106 285 alouettes l’année dernière grâce à cette année encore, le quota fixé par le ministère pour cette chasse porte sur 370 000 alouettes, qui s’ajoutent aux 180 000 déjà chassées au fusil chaque année. Pourquoi l’État français veut-il autoriser la capture de 3,5 fois plus d’alouettes que ce qui a été déclaré pour la précédente  ? » s’indigne la LPO.

Les oiseaux piégés meurent dans d’atroces souffrances : « au stress s’ajoutent les heurts physiques du grillage, la souffrance des oiseaux collés par les pattes, par les plumes des ailes, par la queue ou par le corps, et lorsqu’ils sont décollés, au stress des manipulations, à la violence des collets… ».

Drôle d’autorisation sachant que Nicolas Hulot est l’un des défenseurs de la nature les plus médiatisés et que le 4 juillet dernier, un grand plan de défense de la biodiversité à 600 millions d’euros sur quatre ans a été présenté.

Source : Facebook / LPO
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