Emily Ratajkowski accuse le photographe Jonathan Leder de l'avoir violée

Alors que la société connaît une libération de la parole sans précédent quant aux agressions sexuelles, dans le sillage du mouvement MeToo, voici un témoignage qui pourrait faire l’effet d’une bombe !

Par le biais d’un texte choc publié le 15 septembre sur le site The Cute, et dans lequel elle évoque sans fard sa condition de femme et son image dépossédée en tant que mannequin, le top model Emily Ratajkowski révèle avoir été violée par le photographe Jonathan Leder.

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Cette agression, dont elle affirme avoir été victime, aurait eu lieu à l’issue d’une séance photo non rémunérée organisée chez l’homme qu’elle accuse, lequel est connu dans le milieu pour ses clichés érotiques.

Crédit photo : Andrea Raffin / Shutterstock

Emily Ratajkowski accuse Jonathan Leder de viol

Emily Ratajkowski, 22 ans à l’époque, raconte qu’elle s’est rendue au shooting sans appréhension mais qu’elle a découvert au dernier moment qu’elle devait poser en lingerie, ce qui n’était pas prévu au préalable.

Ayant déjà réalisé ce genre de séances « d’innombrables fois », elle ne s’inquiète pas outre mesure et accepte la proposition de Jonathan Leder, qui lui tend un verre de vin qu’elle ne refuse pas.

Un second suivra et là encore, la jeune femme accepte volontiers, bien décidée à montrer au photographe qu’elle n’est pas impressionnée par la situation. Après être passée entre les mains de la maquilleuse, elle se laisse guider.

Le shooting commence et se déroule d’abord sans accroc mais Jonathan Leder se montre vite insatisfait et les premiers clichés l’ennuient. Il demande alors à sa maquilleuse d’ouvrir une nouvelle bouteille de vin, de remplir les verres et de recoiffer Emily.

« Essayons nue à présent », aurait-il alors lancé à cette dernière.

« À la seconde où j’ai laissé tomber mes vêtements, une partie de moi s’est dissociée, se rappelle-t-elle. J’ai commencé à me sentir flotter hors de moi, m’imaginant en train de remonter sur le lit. J’ai courbé le dos, pincé mes lèvres. Je me suis fixée l’idée de regarder à travers l’objectif de son appareil photo. Le flash était si éblouissant et j’avais bu tellement de vin que des taches noires géantes s’étendaient devant les yeux », confie le mannequin.

La séance se termine puis la maquilleuse monte à l’étage se coucher, laissant ainsi Emily Ratajkowski seule en compagnie de Jonathan Leder qui commence à lui poser des questions indiscrètes sur sa vie de couple, tout en lui faisant des compliments.

« Ce qui a suivi est flou, pas ce que je ressens, poursuit la jeune femme, je ne me souviens pas l’avoir embrassé. Ce dont je me souviens, c’est que ses doigts sont soudainement entrés en moi. De plus en plus fort, poussant et poussant, comme si personne ne m’avait touchée avant ou ne m’a touchée depuis ».

« Ça me faisait vraiment, vraiment mal. Instinctivement, j’ai mis ma main sur son poignet et j’ai retiré ses doigts de moi avec force. Je n’ai pas dit un mot. Il s’est alors levé brusquement et s’est précipité en silence dans l’obscurité pour monter les escaliers. », confie-t-elle encore

Au réveil, la victime et son bourreau se quittent sans échanger un mot et Emily Ratajkowski garde cette histoire pour elle.

Pour sa défense, Jonathan Leder se livre au... « slut-shaming »

Quatre ans après cette dramatique séance photo, Jonathan Leder publie un ouvrage contenant 71 clichés pris lors de cette fameuse soirée et le met en vente pour 80 dollars. Dans le même temps, la maison d’édition Imperial Publishing décide de présenter quelques-unes de ces photos à l’occasion d’une exposition.

À aucun moment, le mannequin n’a donné son consentement.

« Certaines de ces images ont été publiées sur l’Instagram de Jonathan, elles figuraient parmi les polaroids les plus dénudés et les plus vulgaires qu’il avait pris de moi. J’étais livide et frénétique », explique-t-elle ainsi.

Elle tente alors de faire interdire la parution du livre mais ne parvient pas à obtenir gain de cause, en raison d’un obscur contrat signé en amont et à sa place par son agent.

Questionné sur ces accusations de viol présumé par le site The Cut, Jonathan Leder réfute des allégations qu’il juge « trop grossières et enfantines ».

L’intéressé va même encore plus loin en contre-attaquant avec une rhétorique fidèle au « slut-shaming », qui consiste à stigmatiser et faire culpabiliser les femmes dont le comportement serait jugé provocant ou ouvertement sexuel.

«Vous savez de qui on est en train de parler, n’est-ce pas ? C’est de la fille qui a posé nue dans le magazine Treats! et qui a rebondi à poil dans le clip de Robin Thicke à l’époque. Vous pensez vraiment que c’est une victime ? », rétorque-t-il ainsi.

Notons que, depuis cette séance photo de triste mémoire pour Emily Ratajkowski, Jonathan Leder a publié deux autres livres contenant des clichés pris ce jour-là.

Et en dépit du douloureux souvenir que représente ce shooting, cette dernière n’a pas souhaité s’y opposer, refusant de perdre son temps, son énergie et son argent dans une trop longue bataille juridique.

« Jonathan va bien finir par manquer de polaroids croustillants, alors que moi, je resterai la vraie Emily (…) celle qui a écrit cet essai. Elle va continuer à se faire une place là où elle le peut », conclu, un brin philosophe, le mannequin.

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