Soupçonné d'avoir frappé 2 gendarmes, le boxeur Christophe Dettinger s'explique dans une vidéo

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Soupçonné d’être la personne ayant frappé deux gendarmes lors de la dernière manifestation des « gilets jaunes », le boxeur Christophe Dettinger s’est expliqué dans une vidéo Facebook avant de se rendre aux autorités.

L’image de ce boxeur en garde, avançant d’un pas décidé vers un gendarme à qui il assènera plusieurs coups de poing, a fait le tour des réseaux sociaux depuis le samedi 5 janvier. Son nom : Christophe Dettinger, surnommé le « gitan de Massy ».

Le « héros » des « gilets jaunes »

Encore inconnu du grand public il y a peu, ce boxeur professionnel - ancien champion de France des lourds-légers en 2007 - est en effet passé, en l’espace de 3 jours, de l’anonymat le plus complet au statut de « vedette » des réseaux sociaux, devenant le « héros » de certains « gilets jaunes » qui en ont fait le symbole de leur lutte contre la répression policière.

Une célébrité dont l’intéressé se serait peut-être bien passé, au regard des réactions, parfois passionnées, que son geste a pu susciter.

Il faut dire que cette fameuse vidéo le montrant boxer un gendarme, pourtant muni d’un bouclier et d’une matraque, reculant sous ses coups, a été l’une des images fortes de l’« Acte VIII » des « gilets jaunes », le 5 janvier à Paris.

De plus, il est également soupçonné d’avoir frappé un second gendarme, à terre, lequel a porté plainte après s’est vu prescrire 15 jours d’incapacité totale de travail (ITT). Une seconde vidéo (ci-dessous), tournée plus tôt et sous un autre angle, montre en effet la même personne frappant le militaire blessé au sol.

La scène, qui s’est déroulée sur la passerelle piétonne Léopold-Sédar-Senghor (Ier arrondissement) reliant le musée d’Orsay à l’Assemblée nationale, n’a pas manqué de faire réagir l’ensemble de la classe politique. Cette dernière condamnant de manière unanime de telles violences à l’encontre des forces de l’ordre.

La Fédération française de boxe s’en est même mêlée en se désolidarisant de son boxeur, qualifiant au passage le comportement de ce dernier comme étant « inacceptable et honteux ».

Tantôt vilipendé par les personnalités politiques de tous bords et tantôt soutenu par des partisans des « gilets jaunes », Christophe Dettinger a très rapidement été identifié avant d’être activement recherché.

« Oui, j’ai mal réagi mais je me suis défendu »

Probablement dépassé par l’ampleur du phénomène, il s’est d’abord expliqué dans une vidéo publiée dimanche sur Facebook. Le boxeur, âgé de 31 ans, y décrit notamment les scènes de violences dont il dit avoir été témoin durant les manifestations auxquelles il a participé.

« J’ai vu la répression (…) j’ai vu la police nous gazer. J’ai vu la police faire mal à des gens avec des flashballs. J’ai vu des gens blessés, j’ai vu des retraités se faire gazer. Je suis un citoyen normal, je travaille, j’arrive à finir mes fins de mois mais c’est compliqué. Je manifeste pour les retraités, le futur de mes enfants, les femmes célibataires », explique-t-il dans un premier temps.

« Je suis un ‘gilet jaune’, j’ai la colère du peuple qui est en moi. Je vois tous ces présidents, tous ces ministres, l’État se gaver ! Ils ne sont même pas capables de montrer l’exemple (…) ils se gavent sur notre dos (…) Je ne suis pas d’extrême gauche, je ne suis pas d’extrême droite, je suis un citoyen lambda. Je suis un Français, j’aime mon pays, j’aime ma patrie », poursuit-il, avant d’annoncer son intention de se rendre.

« À force de se faire taper (…) je me suis fait gazer avec mon ami, ma femme et à un moment, la colère est montée en moi. Oui, j’ai mal réagi mais je me suis défendu ! Je me rends demain matin en garde à vue (…) Peuple français, gilets jaunes, je suis de tout coeur avec vous, il faut continuer pacifiquement mais continuer le combat ! », conclu-t-il, des trémolos dans la voix.

Christophe Dettinger a joint les actes à la parole en se rendant à la police ce lundi, comme l’a confirmé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Il se trouve actuellement en garde à vue.

Source : Facebook
Gilets jaunes Christophe Castaner
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